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Liban - Politique

Commentaires embarrassés dans les milieux aounistes après les démonstrations des derniers jours

Ahmad Fatfat assimile le blocage de la route face au chef de l’État à un « acte de rébellion ».

Fadi Abboud : Cela fait des mois que le CPL met en garde contre l’inacceptable pratique de blocage des routes sans que personne ne dresse l’oreille. Nous avons donc opté pour la même méthode afin de causer un choc dans la société.

Les opérations de blocage d’artères vitales entreprises ces derniers jours par des partisans et des responsables du CPL en colère contre ce qu’ils considèrent comme des atteintes à l’armée semblent avoir suscité un embarras dans certains milieux de cette formation ou du bloc du Changement et de la Réforme. Cet embarras est patent dans les commentaires émanant hier de certains députés et ministres de ce bloc qui se sont efforcés de justifier ces actions tout en donnant parfois l’impression de ne pas les approuver.
Ainsi, Farid el-Khazen, député du Kesrouan, a-t-il estimé que les « démonstrations effectuées par les aounistes sont dues au désarroi des citoyens face à la situation et visent à rétablir la normalité et à remettre sur les rails le pouvoir de décision et les institutions de l’État ».
Cela n’a pas empêché M. Khazen de considérer que l’incident de Koueikhat, au cours duquel deux dignitaires sunnites ont été tués par des militaires, « suit son cours judiciaire », tout en rejetant, par avance, toute velléité d’accuser des militaires d’être des « assassins ». Le député a en outre démenti tout lien entre ces actions aounistes et la défaite électorale du CPL dimanche dernier au Koura.
Son collègue Hikmat Dib, député de Baabda, s’est efforcé de son côté de démontrer que le CPL n’était pas à l’origine des démonstrations. « Les sit-in de soutien à l’armée avaient commencé au Liban-Nord à l’initiative des familles et des amis de l’armée, puis ils se sont déplacés à Sarba, mais ce n’est pas le CPL qui en a pris l’initiative. Il n’y avait pas de représentation officielle » de la part de cette formation, a-t-il assuré.
« Le blocage des routes était spontané », a-t-il ajouté, tout en affirmant qu’il « n’est pas possible d’empêcher les gens d’exprimer leur colère », mais aussi que les officiers de l’armée faisant l’objet d’une enquête dans l’affaire de Koueikhat « ont fait leur devoir », qu’ils « devraient être récompensés au lieu de se retrouver derrière les barreaux » et que « nous ne pouvons pas rester les bras croisés ».
Mais le commentaire le plus embarrassé – et le plus bourré de contradictions – est venu de la bouche du ministre du Tourisme, Fadi Abboud. Selon lui, « cela fait des mois que le CPL met en garde contre l’inacceptable pratique de blocage des routes sans que personne ne dresse l’oreille. Nous avons donc opté pour la même méthode afin de causer un choc dans la société, mais cette fois-ci cette pratique doit cesser, à condition que tout le monde s’y conforme ».
C’est une position nettement plus nuancée qu’a adoptée l’ancien vice-Premier ministre, Issam Abou Jamra, qui a renvoyé dos à dos les détracteurs et les défenseurs de l’armée. « Laissez l’armée à l’écart de la politique, pour ne pas la corrompre, et si un militaire a commis une erreur, le commandement de l’armée le sanctionne de façon adéquate et en temps voulu. Faisons confiance à l’armée et laissons-la tranquille pour préserver son unité et celle de la patrie », a déclaré M. Abou Jamra.
Du côté de l’opposition, le député Ahmad Fatfat, membre du bloc du Futur, s’est demandé « contre quoi exactement protestent les partisans du CPL ». « Il est inacceptable d’insulter l’armée. Le peuple libanais est tout entier aux côtés de l’armée, y compris le courant du Futur », a-t-il dit, révélant que l’un des militaires détenus dans l’affaire de Koueikhat est un partisan du Futur. Les démonstrations du CPL n’ont d’autre but que de « répandre l’anarchie et susciter une crise confessionnelle afin de marquer des points politiques », a ajouté M. Fatfat, évoquant un « chantage exercé sur tout le monde » et estimant « honteux » que les composantes du gouvernement « manifestent les unes contre les autres ».
M. Fatfat a par ailleurs estimé que le blocage de la route devant le président de la République (au retour de son convoi de l’inauguration du nouvel ABC, à Dbayé), constitue « un crime, un acte de rébellion et un coup d’État ».
Son collègue Ammar Houry a évoqué une « prise d’otage » de la personne du président de la République et déploré « un effondrement total de la structure de l’État ».
De son côté, le Renouveau démocratique a vu dans le blocage des routes par les partisans du CPL « une initiative désespérée de la part de ceux qui ont été déçus par le déroulement civilisé et démocratique de l’élection du Koura ainsi que par ses résultats ».
Les opérations de blocage d’artères vitales entreprises ces derniers jours par des partisans et des responsables du CPL en colère contre ce qu’ils considèrent comme des atteintes à l’armée semblent avoir suscité un embarras dans certains milieux de cette formation ou du bloc du Changement et de la Réforme. Cet embarras est patent dans les commentaires émanant hier de certains députés et ministres de ce bloc qui se sont efforcés de justifier ces actions tout en donnant parfois l’impression de ne pas les approuver.Ainsi, Farid el-Khazen, député du Kesrouan, a-t-il estimé que les « démonstrations effectuées par les aounistes sont dues au désarroi des citoyens face à la situation et visent à rétablir la normalité et à remettre sur les rails le pouvoir de décision et les institutions de l’État ».Cela...
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