Sur cette image tirée d’une vidéo, des islamistes sont en train de détruire un mausolée à Tombouctou. Photo AFP
Ces destructions ont suscité des condamnations en série. L’Association des leaders religieux du Mali a condamné « le crime de Tombouctou ». « Même le prophète (Mohammad) lui-même allait visiter les tombes et les mausolées. C’est de l’intolérance », a-t-elle estimé. L’Organisation de coopération islamique (OCI), qui compte 57 membres, a « déploré » la destruction « par des éléments fanatiques » de mausolées qui « font partie de notre riche patrimoine islamique au Mali ». Même condamnation par l’Algérie, pour qui les saints et savants inhumés dans les mausolées ont « contribué à l’épanouissement de l’islam dans la région et à la diffusion des valeurs de tolérance et de spiritualité ». Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, a appelé quant à lui à l’arrêt immédiat des destructions à Tombouctou par « des éléments extrémistes qui occupent la ville ».
Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré dimanche à Dakar que la destruction de biens religieux pouvait être considérée comme « crime de guerre » passible de poursuites.
Moins d’une semaine après de violents combats (au moins 35 morts) le 27 juin à Gao (Nord-Est) avec la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), forcée d’abandonner la ville, les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ont par ailleurs disposé des mines aux alentours de Gao pour, selon le MNLA, empêcher une contre-offensive de sa part.
Ansar Dine et le Mujao, qui contrôlent désormais les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali – Tombouctou, Gao et Kidal (extrême nord-est) – sont alliés à el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), présente dans la région depuis plusieurs années. « AQMI et Mujao, qui contrôlent Gao, ont miné les alentours de la ville. Beaucoup de gens cherchent à fuir, à prendre des bus pour gagner Bamako, mais les islamistes les empêchent de quitter la ville », a déclaré Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA basé à Paris. Un responsable ouest-africain de la sécurité a confirmé à Bamako la pose de mines. « Pour prévenir une éventuelle attaque des forces de la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) et de bandes armées rivales, le Mujao a posé des mines par endroits autour de Gao », a-t-il indiqué.
Les dirigeants de la Cédéao ont exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter une résolution permettant l’envoi d’une force régionale au Mali. Selon le porte-parole du MNLA, « après les destructions criminelles de mausolées de saints musulmans, ils (les islamistes) utilisent maintenant la population comme otage, comme bouclier humain, pour se protéger d’une contre-offensive du MNLA ».
Ansar Dine, le Mujao et AQMI ont profité d’un coup d’État militaire, le 22 mars à Bamako, pour accélérer leur progression dans tout le nord du Mali, qu’ils contrôlent depuis trois mois au détriment de la rébellion touareg. Leur objectif est d’imposer la charia (loi islamique) à tout le Mali. À Alger et Niamey, les ministres maliens des Affaires étrangères et de la Défense, Sadio Lamine Sow et Yamoussa Camara, se sont prononcés pour une solution « politique » et « consensuelle » pour résoudre la crise.
(Source : AFP)


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