Chômage, école, immigration, prix des carburants... Autant de sujets sur lesquels Nicolas Sarkozy et François Hollande, les deux prétendants à l'Elysée, se sont accrochés, lors du débat de l'entre-deux-tours, mercredi 2 mai. AFP PHOTO / FRED DUFOUR / ERIC FEFERBERG
LES CANDIDATS SE PRESENTENT, PREMIERE JOUTE :
. François Hollande : "Je serai le président de la justice parce que nous traversons une crise dure, grave qui touche les plus modestes et donc je veux que la justice soit au coeur de la République".
"Je serai aussi le président du redressement" alors que "la France a décroché" et que "le chômage est à un niveau historique". "Je veux aussi être aussi le président du rassemblement" car pendant "des années "les Français ont été opposés les uns aux autres, divisés".
. Nicolas Sarkozy: "Je veux que ce soir, ce soit un moment d'authenticité". Les formules de son adversaire, "c'est classique, c'est ce qu'on dit à tous les débats". Il a souhaité que "chacun dise sa vérité", mais "pas avec des formules creuses".
"Il n'y a pas eu de divisions, il n'y a pas eu d'émeutes, il n'y a pas eu de violences. La France, dans ces quatre années de crise, a avancé dans un mouvement de réformes continu sans aucun blocage" (...) "Il y a ceux qui parlent de rassemblement et puis il y a ceux qui l'ont fait vivre".
RASSEMBLEMENT, UN MOT, DEUX VISIONS:
. Nicolas Sarkozy : "Le rassemblement c'est quand on parle au peuple de France", "je ne suis pas l'homme d'un parti, je ne parle pas à la gauche", "hier (au Trocadéro) je me suis adressé à tous les Français, pas simplement aux syndicalistes qui ont un rôle à jouer", a-t-il dit : pour être président, il faut "parler à tous, y compris, ceux qui n'ont pas vos idées, (...) c'est peut-être ce qui fait notre différence".
. François Hollande : "Je dois avoir le sens de la réunion, de la réconciliation" des Français, a dit le socialiste, attaquant à son tour : "moi je ne distingue pas le vrai travail du faux, les syndicalistes qui me plaisent et ceux qui ne me plaisent pas, les organisations patronales (...), je n'oppose pas les salariés du privé et du public, je n'essaie pas de savoir qui est né ici depuis combien de générations, nous sommes tous Français et nous devons nous retrouver dans le même effort".
INSULTES et DERAPAGES DES PARTISANS:
. Nicolas Sarkozy : "Quand il y a un propos désagréable à l'endroit de quelqu'un qui vous est proche, je l'ai condamné. Quand on m'a comparé à Franco, à Laval, à Pétain, et pourquoi pas à Hitler, vous n'avez pas dit un mot. Quand Mme (Martine) Aubry me traite de Madoff, 183 ans de prison, et que le leader la famille ne dit rien, c'est qu'il cautionne. Quand on cautionne des outrances, c'est qu'on a peur, c'est qu'on n'a pas la force de les dénoncer".
. François Hollande : "M. Sarkozy, vous aurez du mal à passer pour une victime et pour un agneau". "Je vais moi même évoquer tout ce qui a été dit sur moi, vous voulez que je fasse cette liste où vos amis m'ont comparé à je ne sais quel bestiaire, j'ai eu droit à tous les animaux des zoo (...) j'ai eu le droit à toutes les comparaisons les moins flatteuses, j'ai été attaqué sur tous sujets, et vous pensez que j'ai imaginé que c'était vous qui inspiriez ces propos ?"
INVECTIVES et FORMULES CHOC
. Nicolas Sarkozy :
"Vous mentez"
"Vos chiffres sont faux"
"M. Hollande, ce n'est pas le concours de la petite blague"
"Dans votre volonté de démontrer l'indémontrable, vous mentez"
"Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres"
"Vous inventez le fil à couper le beurre"
"M. Hollande ne connaît pas l'Europe"
"Vous avez vendu les ouvriers de Fessenheim sur l'autel d'un accord méprisable"
"Vous venez de faire un beau discours, vous en avez presque la larme à l'oeil"
"Votre normalité, elle n'est pas à la hauteur des enjeux"
"Vous êtes un petit calomniateur"
"Je ne prendrai pas de leçon politique d'un parti qui a voulu se rassembler derrière Dominique Strauss-Kahn"
. François Hollande :
"Avec vous c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire".
"Vous êtes toujours content de vous".
"C'est pas vous qui posez les questions, donnez les notes dans cet exercice"
"Vous ajoutez maintenant la calomnie au mensonge"
"Moi je protège les enfants de la République, vous vous protégez les plus privilégiés"
"Ne confondez pas votre personne avec la France"
"Vous avez distribué des chèques du Trésor Public aux contribuables les plus fortunés, je veux que les contribuables les plus fortunés fassent des chèques au Trésor Public"
"Vous avez dit que vous êtes allé à Fukushima, vous n'y êtes jamais allé"
CHOMAGE, LES CHIFFRES S'ENTRECHOQUENT :
. François Hollande : "Le chômage a augmenté, si l'on prend l'ensemble des personnes inscrites, d'un million" pour atteindre "4 millions de personnes", ou "de 700.000" si "l'on prend les personnes qui n'ont aucune activité".
Référence: demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, sans activité (catégorie A) ou avec une activité réduite (catégorie A + B et C).
. Nicolas Sarkozy : "le chômage a augmenté de 422.000, ce qui est trop, entre 2007 et 2011, soit une augmentation de 18,7%".
Référence : chiffres de l'Insee correspondant à la définition du chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT)
PRIX DES CARBURANTS :
. Nicolas Sarkozy : Vous avez décidé administrativement de bloquer les prix, comme si la France était un îlot isolé du monde. Mais qui va payer? c'est le contribuable" (...) "Est-ce qu'il ne vaut pas mieux (...) aider les gens à acheter des voitures moins consommatrices d'essence, pour faire faire des économies d'énergie".
. François Hollande : "La TIPP flottante ça ne coûtera pas à l'Etat puisque l'Etat reçoit par la TVA une recette supplémentaire, je veux redistribuer ce que l'Etat récupère sur ces taxes" (...) "Nous mettrons au clair les mécanismes de la distribution, ce n'est pas le contribuable qui paiera, c'est le distributeur".
DROIT DE VOTE DES IMMIGRES HORS UE :
. François Hollande : "C'est une position que je défends depuis des années uniquement pour les élections municipales, pour des étrangers en situation régulière et depuis plus de 5 ans. M. Sarkozy vous étiez favorable à cette proposition, vous l'aviez écrit en 2001, rappelé en 2005, confirmé en 2008 (...) vous avez parfaitement le droit de changer, moi je ne change pas".
"Pour faire passer cette réforme, il nous faudra une majorité des trois cinquièmes, c'est une révision de la Constitution, je soumettrai cette proposition au Parlement (...) s'il n'y a pas de majorité, ce sera au peuple français et seulement au peuple français de pouvoir en décider".
. Nicolas Sarkozy : "On a une radicalisation et une pression d'un islam de France alors que nous voulons un islam en France. Je considère comme irresponsable de proposer un vote communautariste et un vote communautaire alors que nous sommes face à des tensions communautaires et identitaires extraordinairement fortes".
VIVRE ENSEMBLE
. François Hollande :
"Sur la viande halal, que les Français sachent bien que sous ma présidence, rien ne sera toléré en terme de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles"
"Il n'y aura aucun horaire de piscine qui sera toléré s'il fait la distinction entre les hommes et les femmes".
GRANDES INSTITUTIONS
. François Hollande :
"Je ne nommerai personne sans que les commissions parlementaires en décident, non pas à la majorité de deux tiers contre, mais à la majorité de deux tiers pour".
"Sur la justice, ce sera le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) - modifié d'ailleurs pour qu'il soit composé majoritairement de magistrats - qui nommera les magistrats du siège et les magistrats du parquet pour qu'il n'y ait aucune intervention du parquet par rapport à telle ou telle affaire".
EDUCATION, LE PRIMAIRE CLIVE
. François Hollande : "Le taux d'encadrement dans le primaire est le plus bas de l'OCDE: nous avons perdu l'attractivité de l'école maternelle".
. Nicolas Sarkozy : "Nous avons le taux d'encadrement le plus élevé de l'OCDE", en citant un chiffre de 23 élèves par classe dans le primaire.
Selon l'OCDE (2009), le nombre d'élèves par enseignant dans le primaire est 19,7 en France, pour une moyenne de 16 dans les pays de l'OCDE. Les Etats-Unis se situent à 14,8. Derrière la France, on trouve le Royaume-Uni (19,9), le Chili (22,4), la Corée (22,5), la Turquie (22,9) et le Mexique (28).
Toujours selon l'OCDE, le nombre d'élèves par classe est de 22,7 en France, et de 21,4 pour la moyenne des pays membres.
. François Hollande : "Je serai le président de la justice parce que nous traversons une crise dure, grave qui touche les plus modestes et donc je veux que la justice soit au coeur de la République".
"Je serai aussi le président du redressement" alors que "la France a décroché" et que "le chômage est à un niveau historique". "Je veux aussi être aussi le président du rassemblement" car pendant "des années "les Français ont été opposés les uns aux autres, divisés".
. Nicolas Sarkozy: "Je veux que ce soir, ce soit un moment d'authenticité". Les formules de son adversaire, "c'est classique, c'est ce qu'on dit à tous les débats". Il a souhaité que "chacun dise sa vérité", mais "pas avec des formules creuses".
"Il n'y a pas eu de divisions, il n'y a pas eu d'émeutes, il...

