Prenant ensuite la parole, le chef du gouvernement, Nagib Mikati, a donné un aperçu général de la politique suivie par son équipe, en s’attardant sur quelques points, et plus particulièrement sur le dossier syrien. M. Mikati a d’emblée annoncé que « le gouvernement accepte tout le discours politique qui a été tenu (....) et dépasse toutes les remarques qui n’étaient pas constructives, notamment les accusations et la diffamation personnelle, pour appeler à une action nationale commune, commandée par la gravité de la situation actuelle, dans le but de protéger le Liban et de lui permettre de relever tous les défis auxquels il a à faire face ».
Il a ensuite abordé la politique de « maintien à l’écart » par rapport à la crise syrienne, suivie par son gouvernement et vivement critiquée par le 14 Mars. « Il m’importe de préciser que c’est nous qui avions pris la décision d’appliquer cette politique qui s’est imposée à cause de données en rapport avec les relations libano-syriennes, les relations du Liban avec le groupe des pays arabes et, en particulier, à cause des divisions libanaises au sujet du dossier syrien », a expliqué M. Mikati avant d’ajouter : « Cette politique vise à préserver l’unité de notre peuple et à empêcher que les divisions ne se creusent ou que de nouvelles crises ne soient importées sur le sol libanais. » Il a invité les parlementaires à engager une réflexion sur ce qui serait passé, au plan interne, si l’État n’avait pas pris ses distances par rapport aux bouleversements en Syrie, tout en prenant soin de préciser que la position libanaise ne s’applique pas au dossier des réfugiés. M. Mikati a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de ces gens, au plan humanitaire, en insistant sur le fait qu’il continuera d’assumer ses responsabilités à ce niveau « jusqu’à ce que la situation en Syrie se stabilise et que les personnes déplacées puissent regagner leurs foyers ».
Le problème des frontières
Après avoir relevé que « la protection des frontières avec la Syrie est une responsabilité libanaise à laquelle personne ne s’associe », il a mis l’accent sur le fait que l’armée déployée tout le long de la frontière « veille à l’application de mesures de sécurité qui traduisent la volonté de l’autorité politique de s’assurer que le Liban ne sera pas un couloir utilisé pour porter atteinte à un pays arabe ».
M. Mikati a cependant occulté les violations syriennes meurtrières répétées de la souveraineté libanaise, pourtant soulevées par de nombreux députés de l’opposition, qui ont violemment critiqué le silence officiel à ce sujet et exigé des mesures bien précises à la frontière avec la Syrie. Il s’est contenté de déclarer à ce sujet : « L’armée veillera également à la protection de la souveraineté libanaise. »
Le Premier ministre a par ailleurs jugé nécessaire de poursuivre l’application de toutes les clauses de l’accord de Taëf, notamment celles relatives à l’élaboration d’une nouvelle loi électorale et à l’abolition du confessionnalisme politique, avant de plaider en faveur d’une coopération de tous les Libanais, « de l’opposition et de la majorité, pour préserver la stabilité du pays et le protéger contre d’éventuelles secousses ». « Quelles que soient les divergences de vues, il est indispensable de mettre en relief les points communs, à condition de les admettre », a-t-il insisté, avant de s’engager à « prendre les mesures préventives nécessaires pour déjouer toute tentative visant à porter atteinte à la paix civile ».
Une fois son intervention terminée, ce fut au tour du député Samy Gemayel de reprendre la parole, puisqu’il avait demandé au gouvernement de poser la question de confiance. Devant l’insistance de M. Berry, qui souhaitait savoir s’il maintenait sa requête, M. Gemayel a interrogé le gouvernement sur le point de savoir s’il acceptait la formation d’une commission d’enquête parlementaire pour le dossier de l’électricité. Il a obtenu une réponse positive, au terme d’un débat de procédure, mais comme il n’a pas eu de réponse sur le point de savoir si le ministère des Finances comptait verser aux frères Fattouche les indemnités de 400 millions de dollars pour leurs carrières fermées, le député a insisté pour que la question de confiance soit posée. Les députés de l’opposition et ceux du bloc Joumblatt sont alors sortis l’un après l’autre de l’hémicycle. Le vote était nominatif. Le gouvernement a obtenu la confiance du Parlement par 63 voix contre 3, celles des députés Sami Gemayel, Samer Saadé et Fadi Habre (Kataëb), sur un total de 128.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Nous lisons TOUS 63 votes sur 128 Dites moi svp.. C'est bien cela?? alors D'où Jabbour sort il ces 63 contre 3?? L'assemblée n'est constituée que de 66 députés?
06 h 49, le 20 avril 2012