Des membres du "Secret Service" surveillent les alentours du musée Henry Ford, le 18 avril 2012 à Dearborn, dans le Michigan, lors d'une visite de Barack Obama. AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI
Le scandale de prostitution en Colombie dans lequel le Secret Service est empêtré ternit l'image de ces policiers d'élite, jusqu'ici synonymes de professionnalisme et de dévouement, et réputés volontaires pour "prendre une balle à la place du président" des Etats-Unis.
Si ces faits sont avérés, "cela va laisser une tache sur tout le Secret Service, parce que, depuis près de 150 ans, c'est une organisation qui a été très respectée", a affirmé mercredi le sénateur républicain Charles Grassley sur la chaîne MSNBC.
Onze de ses membres sont soupçonnés d'avoir fréquenté des prostituées lors de la préparation du voyage du président Barack Obama à Carthagène en Colombie pour le sommet des Amériques le week-end dernier. Ils ont été suspendus et une enquête interne est en cours.
"J'attends du Secret Service la même chose que ce que j'attends du reste de ma délégation. Nous représentons les Américains. Et lorsque nous voyageons dans un autre pays, je m'attends à ce que nous observions les critères les plus élevés (...) de dignité et d'honnêteté. Et évidemment, ces informations ne correspondent pas à ces critères", avait expliqué dimanche M. Obama avant de quitter Carthagène.
Baraqués, cheveux ras, oreillette, lunettes noires, costume sombre, visages impassibles et gros calibre à la ceinture : les agents du Secret Service ont été popularisés par des oeuvres de fiction comme le film "Dans la ligne de mire" qui met en scène un agent, joué par Clint Eastwood, hanté par l'assassinat de Kennedy à Dallas en 1963.
A sa création à la fin de la guerre de Sécession en 1865, ce groupe n'en avait qu'après les faux-monnayeurs. Mais il est surtout connu pour la juridiction qu'il a acquise après l'assassinat du président William McKinley en 1901: protéger le chef de l'exécutif américain et ses proches, ainsi que le vice-président et les dignitaires étrangers en visite aux Etats-Unis.
Les "agents spéciaux" en civil, comme ceux qui accompagnent le président dans tous ses déplacements, lui ouvrent les portes de sa limousine et scrutent le public des événements auxquels il participe, sont au nombre de quelque 3.200, généralement des policiers déjà confirmés ou d'anciens militaires.
Mille trois cents autres servent sous l'uniforme, en particulier autour de la Maison Blanche, dont ils surveillent les points d'accès et patrouillent les environs à pied ou en vélo.
Des commandos en treillis noir, dotés de pistolets-mitrailleurs, d'épais gilets pare-balles et de chiens d'attaque, montent quant à eux la garde en retrait des grilles, tandis que leurs homologues dotés de fusils à longue portée sont postés sur le toit de la résidence, pour contrer le risque de tireurs isolés.
Tout candidat au Secret Service doit d'abord se soumettre à une enquête approfondie sur ses antécédents professionnels, judiciaires, bancaires, scolaires et militaires, une procédure qui dure entre six et neuf mois. Il suit ensuite dix semaines de formation théorique et 17 semaines d'entraînement, notamment au maniement des armes... et à "la survie en milieu aquatique".
Le processus de sélection rigoureux de ces agents et la "politique de tolérance zéro vis-à-vis de toute mauvaise conduite" professée par leur hiérarchie rend d'autant plus frappant le scandale qui frappe ce corps.
Le probable adversaire de M. Obama à la présidentielle de novembre, Mitt Romney, s'est invité dans la controverse mercredi en soulignant que s'il était élu, il ferait "le ménage" dans le Secret Service et renverrait les agents impliqués.
La Maison Blanche, qui se serait bien passée de ce scandale à six mois et demi de l'élection, insiste sur la nécessité de laisser l'enquête suivre son cours, et affirme que M. Obama "fait confiance au chef du Secret Service" Mark Sullivan.
Si ces faits sont avérés, "cela va laisser une tache sur tout le Secret Service, parce que, depuis près de 150 ans, c'est une organisation qui a été très respectée", a affirmé mercredi le sénateur républicain Charles Grassley sur la chaîne MSNBC.
Onze de ses membres sont soupçonnés d'avoir fréquenté des prostituées lors de la préparation du voyage du président Barack Obama à Carthagène en Colombie pour le sommet des Amériques le week-end dernier. Ils ont été suspendus et une enquête interne est en cours.
"J'attends du Secret Service...


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13 h 23, le 19 avril 2012