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À La Une - Reportage

Syrie : le visage sanglant de la guerre dans un hôpital clandestin

Pas de matériel, peu d’anesthésiants, plus de personnel…

En Syrie, les médecins sont contraints d'opérer avec les moyens du bord et dans des conditions apocalyptiques. Ici, une opération dans la région d'Idleb. Ricardo Garcia Vilanova/AFP

Une voiture freine brusquement devant l'entrée d'une mosquée. Le conducteur descend en criant désespérément à l'aide. La tête entre les mains, il implore le Ciel, ses cris sont glaçant.

Deux hommes accourent. Du siège arrière, ils extraient un jeune homme d'une vingtaine d'années, le visage décomposé, le corps saignant à gros bouillons.

 

Un peu plus tôt, un franc-tireur a ouvert le feu sur la voiture dans laquelle il circulait à Atari, une localité de la province d'Alep (nord). La balle lui a transpercé le corps après être passée au travers du coffre et des sièges, le blessant grièvement.

Les deux hommes l'emmènent vite à l'intérieur de la mosquée. Des traces de sang au sol mènent à l'un des hôpitaux clandestins aménagés par les rebelles pour soigner les blessés.

 

Les infirmiers lui ôtent sa veste. Son maillot de corps est trempé de sang et l'impact de la balle est visible sur son corps. Ils utilisent des ciseaux pour couper les vêtements et commencent à nettoyer les plaies. Ils se hâtent, de crainte que le blessé ne lâche.

 

"La balle est entrée par le dos et est ressortie par la poitrine. Il a un poumon perforé et a perdu beaucoup de sang. Son état est critique", constate le médecin en enfilant une paire de gants de latex. Cet anesthésiste, devenu chirurgien urgentiste en l'absence de personnel médical qualifié, soigne les cas les plus graves mais ne peut pas toujours sauver les vies.

 

"Avec les instruments dont nous disposons nous ne pouvons absolument rien faire. Notre matériel chirurgical se résume à des cuillères", se lamente l'homme qui, de colère et d'impuissance, lance un de ses instruments contre la table. Ici, la cuillère sert de lancette et une écumoire est utilisée pour séparer les côtes. Ce médecin, âgé d’une quarantaine d'années et à l'apparence fragile, a monté avec ce qu'il a pu trouver un bloc opératoire d'urgences dans la partie arrière de la mosquée.

 

"Comme ça, on ne peut rien faire", déplore-t-il alors que le sol commence à se couvrir de sang. Il ouvre un couteau, pratique une incision et introduit un cathéter en plastique, sous la lumière ténue de projecteurs et de deux tristes lanternes.

 

"Il a un pneumothorax", explique-t-il en fixant le tube à l'aide de points de suture. Les gazes imbibées de sang s'accumulent. Le chirurgien a réussi à freiner l'hémorragie interne, maintenant il reste à faire le plus difficile, maintenir le jeune homme en vie et suturer ses plaies.

 

"Les moyens d'anesthésie dont nous disposons sont insuffisants. Nous manquons de tout. Personne ne nous aide, tout ce que nous pouvons faire est nous en remettre à Dieu", commente un infirmier qui porte une lanterne dans une main et une poche de sang dans l'autre.

 

La respiration du blessé est irrégulière. Sur un autre brancard, plusieurs hommes donnent du sang du groupe O+.

Dans cet hôpital de campagne, il n'y a pas de chambres froides pour stocker le sang; il est transfusé directement. A l'entrée du bloc opératoire, d'autres villageois attendent pour donner le leur. Tout le monde vient aider. Demain, ils pourraient eux-mêmes se retrouver sur la table d'opération.

 

Exaspéré, le médecin jette ses gants sur la table couverte d'outils ensanglantés. Le jeune blessé est toujours en vie. Mais pour combien de temps ? "Dieu seul le sait", répond-il.

 

Un blessé de plus. Une urgence de plus. Un jour de plus en Syrie.

 

Une voiture freine brusquement devant l'entrée d'une mosquée. Le conducteur descend en criant désespérément à l'aide. La tête entre les mains, il implore le Ciel, ses cris sont glaçant.
Deux hommes accourent. Du siège arrière, ils extraient un jeune homme d'une vingtaine d'années, le visage décomposé, le corps saignant à gros bouillons.
 
Un peu plus tôt, un franc-tireur a ouvert le feu sur la voiture dans laquelle il circulait à Atari, une localité de la province d'Alep (nord). La balle lui a transpercé le corps après être passée au travers du coffre et des sièges, le blessant grièvement.
Les deux hommes l'emmènent vite à l'intérieur de la mosquée. Des traces de sang au sol mènent à l'un des hôpitaux clandestins aménagés par les rebelles pour soigner les blessés.
 
Les infirmiers lui ôtent sa veste....
commentaires (2)

Mn Dieu, quelle horreur ! C'est à en mourir de colère indomptable, insupportable ! Quelle merde d'humanité qui permet de telles barbaries, de telles atrocités, de telles souffrances !

Halim Abou Chacra

13 h 24, le 20 mars 2012

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Commentaires (2)

  • Mn Dieu, quelle horreur ! C'est à en mourir de colère indomptable, insupportable ! Quelle merde d'humanité qui permet de telles barbaries, de telles atrocités, de telles souffrances !

    Halim Abou Chacra

    13 h 24, le 20 mars 2012

  • - - Témoignage poignant d'une sale guerre qui ne dit pas son nom et sa raison d'être ! Les victimes tombent malheureusement des deux côtés sans compter les victimes collatérales qui sont souvent les plus nombreuses .. Ce qui est incompréhensible , c'est pourquoi ce blessé a été acheminé vers une Mosquée pour être soigné et non dans un hôpital ? Pourquoi n'arrêtent-ils pas cette sale guerre et se mettent autour d'une table pour discuter comme le propose le président Assad sous l'égide des Nations Unies !!

    JABBOUR André

    05 h 15, le 20 mars 2012

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