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Liban - Éclairage

L’après-Nahas

Ainsi la page Charbel Nahas a-t-elle été tournée... Le ministre Gebran Bassil a remis la démission du ministre du Travail au Premier ministre Nagib Mikati, qui l’a acceptée, avant de la transmettre au président de la République. Le décret fatidique a été signé. Et c’est l’après-Nahas qui occupe maintenant le landernau politique, à commencer par le Courant patriotique libre, où deux courants se disputent la succession au portefeuille du Travail : le premier souhaite que le nouveau ministre soit un partisan du CPL, et le second souhaite voir l’un des doyens, des « icônes » du parti, accéder au poste ministériel, ce qui permettrait de ramener au bercail un nombre important de « brebis égarées », de grands déçus de la politique aouniste de ces dernières années.


Pour un député chrétien de l’opposition, tout cela n’est qu’« enfantillages » de la part du CPL et de son directoire. Michel Aoun a ainsi assuré Charbel Nahas de son soutien total jusqu’au bout... Avant de se rétracter et de s’en départir au terme d’un marché conclu avec le président de la Chambre, Nabih Berry ; lequel s’est chargé, comme à son habitude, de trouver la solution-miracle à la crise ministérielle... Ce député chrétien du 14 Mars se demande ce qui a bien pu empêcher le chef du CPL, tant soucieux des droits chrétiens et des prérogatives présidentielles, de confier au président de la République le soin de trouver l’issue à la crise, en sa qualité de gardien de la Constitution, d’arbitre et d’autorité de référence nationale et chrétienne... N’aurait-il pas été préférable, suivant la pure logique défendue par Michel Aoun depuis 2006, de coordonner avec Baabda plutôt qu’avec Aïn el-Tiné ? Pour la cohérence, c’est donc partie remise...
Le camouflet asséné à Charbel Nahas, c’est donc la rue chrétienne qui l’a encaissé, d’autant que le chef du CPL n’en a rien tiré en contrepartie comme gains politiques. Bérézina totale donc, aussi bien politique que populaire, pour le général, mais aussi pour les chrétiens, qui se retrouvent, encore une fois, dans le camp des perdants.


Pour l’opposition, il est clair que l’action de Michel Aoun au plan interne est motivée par les événements en Syrie. Le chef du CPL a parié depuis plusieurs mois sur l’échec de l’insurrection, prenant ouvertement position sur le sujet. Il s’est trouvé à chaque fois détrompé par les événements. D’où la nécessité pour lui de continuer, coûte que coûte – il a bien fallu aller quémander de l’aide auprès de Nabih Berry, après tout, ce qui n’est jamais facile pour l’ancien commandant en chef de l’armée – à assurer une pérennité au gouvernement actuel, après les « lignes rouges » fixées par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, concernant une chute éventuelle du gouvernement. Pour l’opposition, un rapprochement entre Aoun et Berry n’est compréhensible que sur demande expresse du Hezbollah et au vu des événements en Syrie – quand bien même le soutien apporté par le CPL au parti chiite à travers le document d’entente de Mar Mikhaël commence à payer réellement cher au général au plan populaire chrétien.


Dans les rangs de la majorité, cependant, on loue l’esprit de sacrifice du général, le sauveur du gouvernement, celui qui a su s’élever au-dessus de ses intérêts propres pour l’intérêt supérieur, pour la redynamisation de l’action gouvernementale, pour que les aspirations du peuple soient réalisées, etc. Un ministre du CPL remarque ainsi que Michel Aoun a payé cher pour la réforme et le changement, et pour le respect de la loi. Les milieux ministériels aounistes insistent sur la nécessité, dorénavant, de faire toujours passer la loi au-dessus de toute autre considération, et de mettre fin aux violations qui prévalaient par le passé. Ils rendent hommage, dans ce contexte, à Charbel Nahas, qui était le plus productif d’entre eux à tous les niveaux.


De toute évidence, les organismes économiques et la CGTL, eux, ne pleurent pas Nahas, dont le style était contesté : ouvertement hostile au patronat, et sans le vouloir nocif aux travailleurs. Des sources des deux côtés se félicitent donc du compromis signé à Baabda, considéré comme une feuille de route commune. Des milieux économiques ne cachent pas, dans ce cadre, leur rejet de la proposition de loi présentée dans ce cadre par le député Ibrahim Kanaan et affirment même qu’un certain nombre de ministres et de députés du CPL auraient exprimé la même opinion par rapport au projet du président de la commission parlementaire des Finances.
Nous sommes donc désormais dans l’après-Charbel Nahas. En attendant le prochain épisode... aouniste : les nominations.

Ainsi la page Charbel Nahas a-t-elle été tournée... Le ministre Gebran Bassil a remis la démission du ministre du Travail au Premier ministre Nagib Mikati, qui l’a acceptée, avant de la transmettre au président de la République. Le décret fatidique a été signé. Et c’est l’après-Nahas qui occupe maintenant le landernau politique, à commencer par le Courant patriotique libre, où deux courants se disputent la succession au portefeuille du Travail : le premier souhaite que le nouveau ministre soit un partisan du CPL, et le second souhaite voir l’un des doyens, des « icônes » du parti, accéder au poste ministériel, ce qui permettrait de ramener au bercail un nombre important de « brebis égarées », de grands déçus de la politique aouniste de ces dernières années.
Pour un député chrétien de...
commentaires (5)

Comme tous ces "Orangés ministrés", du premier jusqu’au dernier, et évidemment à défaut patent d'avoir accompli quoi que ce soit, ils finiront tous, par démissionner l'un après l'autre, comme vient de le faire ce dernier.

Antoine-Serge KARAMAOUN

07 h 40, le 24 février 2012

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Commentaires (5)

  • Comme tous ces "Orangés ministrés", du premier jusqu’au dernier, et évidemment à défaut patent d'avoir accompli quoi que ce soit, ils finiront tous, par démissionner l'un après l'autre, comme vient de le faire ce dernier.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    07 h 40, le 24 février 2012

  • @ Jabbour: Ouvrez les yeux mon cher. Voyez autour de vous, ICI déjà combien appuient votre général. Puis ce sont des CPL sur la page facebook qui parlent de quitter le CPL vu les magouilles, les passe droits, les positions anti-chrétiennes ( surtout celles contre la présidence de la république) qui ne passent pas. Ce ne sont pas nous qui le disons mais eux, le CPL sur facebook. Quant à ceux qui sont pour Aoun? Oui il y en a. Personne n'a dit le contraire. Mais vu le temps qui passe, vu les positions incohérentes prises par Aoun, les gens ne sont pas stupides. Ils ne vont pas suivre aveuglément un vieux général donnant des ordres au peuple. Insultant les martyrs, humiliant les journalistes...Les libanais ne sont pas stupides. Si Aoun se croit à l'armée, il se gourre totalement. La démocratie est incompatible avec la culture militaire. Surtout un militaire incendiaire dont l'égo est surdimenssionné. Oui Aoun est au bout du rouleau Le CPL en déclin. La succession de AOUN au CPL étant menacée par Nahas, Aoun l'a rejetté. Abou jamra ayant été la menace précédente à la succession. Donc pour assurer la succession au CPL à son gendre Gebrane. L'autre gendre ROY étant déjà casé à la tête de l'OTV. Les CPL ne sont pas stupides et ils savent que AOUN n'agit que pour sa propre famille. Non pour le liban et moins pour les libanais. Tout de même, chou mfakerna mjedib?

    Jean-Pierre EL KHOURY

    05 h 19, le 24 février 2012

  • Jésus méritait que l'on dise avant Jésus et après Jésus. Mais Nahas ! Quand même un peu de pudeur ! Un peu de dignité. Il n'est une référence que pour le CPL. Pas pour le Liban. Cet homme qui a appuyé le Hezbollah lorsqu'il était ministre des telecom et détourné toutes les informations qui pouvaient servir au TSL ou à Rifi, donc à la sécurité. Un faussaire . Un opportuniste.

    Saleh Issal

    04 h 15, le 24 février 2012

  • "Des sondages qui lui collent aux fesses !" Ces sondages ne doivent pas sentir la violette, M Jabbour !

    Paul-René Safa

    03 h 09, le 24 février 2012

  • - - Vous ne pouvez pas vous empêcher de parler de la popularité de GMA , de la perte de partisans et d'électeurs , de ces nombreux membres du CPL qui ont rendus la carte du parti , et d'autres qui sont mécontents .. Selon vous of course . Jamais un leader ou un parti politique n'a été autant attaqué et critiqué avec de telles prédictions politiciennes et des wishful thinking sans lendemains qui reviennent toujours avec cet éternel rêve éternellement caressé , celui de le voir disparaître pour de bon par tous les moyens qui seraient bons pour cela ! Il est le seul qui a des sondages qui lui collent aux fesses à longueur d'année hors période électorale . Patientez messieurs , avant l'heure ce n'est pas l'heure , après l'heure il est trop tard ! De toute façon vous n'avez pas le choix que d'attendre gentillement 2013 et subir son omniprésence dans le pays et sur la scène politique que vous le vouliez ou pas .

    JABBOUR André

    00 h 44, le 24 février 2012

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