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À La Une - La Situation

La solution à la crise gouvernementale serait imminente

Tout se décidera mercredi au cours de la réunion parlementaire.

La « légalisation » du dossier des indemnités serait imminente et la crise gouvernementale qui bloque les activités de l’exécutif depuis deux semaines pourrait être résorbée, du moins provisoirement, dans les prochains jours, assure-t-on de sources concordantes.


Ainsi, la proposition de loi y relative présentée par le secrétaire général du bloc du Changement et de la Réforme, le député Ibrahim Kanaan, sera en effet examinée au Parlement mercredi prochain lors de l’assemblée plénière, conjointement avec celle présentée par le député Nabil de Freige.


Cette solution, envisagée dès vendredi dernier au cours de la rencontre entre le président du Parlement, Nabih Berry, et le chef du CPL, Michel Aoun, a fait l’objet d’une seconde rencontre à Aïn el-Tiné qui a eu lieu au cours du week-end entre, cette fois-ci, M. Berry et M. Kanaan. Ce dernier, qui a insisté pour dire que la réunion entre le président de l’Assemblée et le chef du CPL a été davantage axée sur la recherche de « règles de travail » que sur une « issue de sortie concrète », a défendu la proposition de loi qu’il soumettra avec ses collègues au Parlement pour vote, estimant qu’il s’agit d’une mesure « pratique et légale susceptible d’éviter tout recours en invalidation ».


C’est ce que souhaitait d’ailleurs le ministre du Travail Charbel Nahas, qui avait refusé de signer le décret des indemnisations qu’il considère illégal, se fondant pour cela sur l’avis du Conseil d’État qui s’était prononcé sur le sujet en affirmant que le gouvernement n’a pas la prérogative de se prononcer en matière d’indemnités de transport.


Brandissant l’argument de la légalité face au Premier ministre, Nagib Mikati, Charbel Nahas n’a pas échappé lui-même aux accusations lancées contre lui par l’équipe du chef du gouvernement pour non-respect de la Constitution, puisqu’il a en effet enfreint de signer un décret contre l’avis du Premier ministre et d’une majorité de ministres, se désolidarisant ainsi de l’équipe gouvernementale. À leur tour, les aounistes pointent un doigt accusateur sur le chef du gouvernement à qui ils reprochent d’avoir outrepassé la Constitution en suspendant les réunions du Conseil des ministres.
Cette compétition, voire la surenchère entre les deux hommes pour le respect des règles et des lois en vigueur, devrait en principe prendre fin dès le début de la semaine, le CPL ayant pour sa part obtenu la garantie de la légalisation via le Parlement de la question des indemnités, la proposition de loi devant accorder au gouvernement le droit de fixer les allocations de transport.


Le Premier ministre, qui refusait jusque-là toute solution qui ne prendrait pas en compte la signature par le ministre du Travail du décret en question, pourrait ainsi revenir sur sa décision et reprendre incessamment les réunions du gouvernement, puisque Charbel Nahas et derrière lui le CPL auraient accepté le principe de la signature du décret en cause. Il reste toutefois à savoir si le ministre signera avant ou après l’adoption par l’Assemblée du texte de loi concerné, détail que les aounistes tentent de minimiser.

Sauver la face à Mikati
Interrogé par L’Orient-Le Jour, le député Alain Aoun a indiqué que pour le CPL, le plus important a été acquis, à savoir la légalisation de la situation. Par conséquent, la signature du décret, qu’elle survienne avant ou après le vote du Parlement sur le texte de loi, est secondaire et qu’elle ne devrait pas constituer un obstacle pour le camp des aounistes. Le député a laissé entendre que si la signature du décret devait servir à « sauver la face » de certaines personnes, entendre du Premier ministre, elle se fera, nonobstant son timing.


Des sources proches du courant aouniste ont en outre laissé entendre que l’issue de sortie serait que le ministre du Travail signe le décret lundi ou mardi, ce qui paverait la voie à un règlement imminent de la crise, quitte à ce que l’Assemblée planche sur la proposition de loi mercredi.


Les milieux proches du Premier ministre ont d’ailleurs indiqué que ce dernier reste intraitable au sujet du décret et ne permettra en aucun cas de voir consacrer un précédent dangereux quelle que soit l’issue envisagée. C’est également le message qu’aurait fait entendre Nabih Berry à Michel Aoun lors de leur dernière rencontre, lui expliquant que l’obstination du chef du gouvernement n’est pas nécessairement dirigée contre le bloc aouniste, mais qu’il s’agit d’une question de respect des règles et de la Constitution qui pourrait affecter l’avenir des relations intergouvernementales. Ce à quoi le chef du CPL a répondu : « Laissez-moi faire. »


On devrait donc s’acheminer, dès aujourd’hui, vers une solution ponctuelle de la crise des indemnités, qui, de l’avis de tous, ne mettra pas un trait final aux multiples maux dont souffre l’actuel gouvernement. Car, rappelons-le, la bouderie du Premier ministre et sa décision de suspendre les réunions du gouvernement n’avaient pas été provoquées par le fameux décret des indemnités, mais plutôt par le dossier des nominations dans lequel le CPL affirme avoir son mot à dire, d’autant qu’« il représente un large bloc parlementaire et l’ensemble de la représentation chrétienne au sein de la majorité », une équation que le député Alain Aoun a tenu à relever au cours du week-end.


Il reste à voir si les effets de la solution trouvée au dossier des indemnités pourront se répercuter positivement sur l’ensemble des questions conflictuelles qui divisent ce gouvernement pluriel, ou si, comme le préconisent les deux protagonistes, une nouvelle redéfinition des règles du jeu s’impose pour trancher une fois pour toutes les rapports au sein de l’exécutif.

La « légalisation » du dossier des indemnités serait imminente et la crise gouvernementale qui bloque les activités de l’exécutif depuis deux semaines pourrait être résorbée, du moins provisoirement, dans les prochains jours, assure-t-on de sources concordantes.
Ainsi, la proposition de loi y relative présentée par le secrétaire général du bloc du Changement et de la Réforme, le député Ibrahim Kanaan, sera en effet examinée au Parlement mercredi prochain lors de l’assemblée plénière, conjointement avec celle présentée par le député Nabil de Freige.
Cette solution, envisagée dès vendredi dernier au cours de la rencontre entre le président du Parlement, Nabih Berry, et le chef du CPL, Michel Aoun, a fait l’objet d’une seconde rencontre à Aïn el-Tiné qui a eu lieu au cours du week-end entre, cette...
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