Gilles Jacquier en mission.
Un photographe de l'AFP qui se trouvait avec lui sur place a indiqué que le journaliste français (43 ans) avait été tué par un obus et qu'un photographe indépendant néerlandais Steven Wassenaar, était grièvement blessé après avoir reçu des éclats d'obus aux yeux.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a de son côté précisé que six Syriens avaient également été tués. L'organisation basée en Grande-Bretagne a demandé l'ouverture d'une enquête, indiquant qu'elle ignorait l'origine de ces tirs, alors que les militants sur place ont accusé les autorités.
La télévision officielle syrienne a, elle, accusé "un groupe terroriste" d'avoir "tiré des obus sur des journalistes étrangers lors d'un rassemblement de citoyens".
Le président français Nicolas Sarkozy a fait part de ses "sentiments émus", de sa "peine" et son "émotion", après la mort du journaliste et souligné l"'importance" d'avoir "des hommes courageux pour dire la vérité de ce qui se passe" dans les pays en conflit.
En ouverture de ses vœux aux parlementaires, le chef de l’État a rendu hommage à "Gilles Jacquier, ce journaliste de France Télévisions qui vient de perdre la vie en Syrie en faisant son travail d'information"."Ce qui permet à chacun d'entre nous de se rappeler la difficulté du métier de journaliste, les dangers qu'ils encourent et en même temps l'importance, dans des régimes qui sont ce qu'ils sont, dans les situations qui sont ce qu'elles sont, d'avoir des hommes courageux pour dire la vérité de ce qui se passe", a-t-il ajouté.
Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a réclamé que "toute la lumière soit faite sur les circonstances" de la mort du journaliste, lauréat en 2003 du prestigieux Prix Albert Londres.
"Nous condamnons vigoureusement cet acte odieux", a-t-il ajouté, en demandant à Damas "d'assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'information".
L'organisation de défense de la presse, Reporters sans Frontières a également appelé à l'ouverture d'une enquête. "Gilles Jacquier est le premier journaliste étranger tué en Syrie depuis le 15 mars. Nous demandons aux autorités, avec le concours des observateurs de la Ligue arabe, de faire toute la lumière sur cette tragédie", a déclaré RSF.
L'organisation souligne dans son communiqué qu'"un journaliste syrien et deux journalistes-citoyens syriens" ont déjà été tués depuis la mi-mars.
Cet appel a été réitéré par la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton qui a demandé une "enquête rapide pour élucider les circonstances qui ont mené à cette tragédie",
L'Institut international pour la presse (IPI)a appelé pour sa part " l'ensemble des parties en Syrie, y compris les forces gouvernementales et les services de sécurité, à respecter le droit des journalistes à travailler librement et en sécurité".
L'Union européenne de télévision (UER) a de son coté condamné "le meurtre" du journaliste.
Washington a également "déploré" la mort du reporter français, dénonçant l'incapacité du régime à fournir "un environnement favorable" aux journalistes.
"Je condamne l'incident à Homs aujourd'hui qui a causé la mort d'au moins huit civils, notamment un journaliste français, Gilles Jacquier. Je présente mes sincères condoléances à tous ceux qui sont affectés", a déclaré pour sa part le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague .
Gilles Jacquier était grand reporter pour la chaîne française France 2 depuis 1999. Il a en particulier couvert l'Irak, l'Afghanistan, le Kosovo et Israël. Il a réalisé de nombreux reportages pour l'émission Envoyé Spécial.
Parallèlement, le président syrien Bachar el-Assad s'est montré intraitable mercredi, promettant de mater la révolte populaire qui secoue son régime depuis dix mois. La Syrie "triomphera sans aucun doute du complot", a déclaré aujourd'hui le président syrien devant des dizaines de milliers de personnes l'acclamant à Damas, selon des images diffusées par la télévision publique. "Je suis venu pour puiser la force auprès de vous. Grâce à vous, je n'ai jamais ressenti la faiblesse", a dit M. Assad, apparu soudainement sur la place des Omeyyades. "Nous allons de l’avant en insistant sur le besoin de réformes et en combattant le terrorisme et l’ignorance », a-t-il encore dit à la foule.
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a fustigé mercredi le discours "glacialement cynique" prononcé la veille par Assad. "Au lieu de reconnaître sa responsabilité, ce que nous avons entendu du président Assad, c'est un discours glacialement cynique", a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence de presse à Washington.
Le président syrien, contesté par la rue depuis dix mois, avait déjà déclaré hier dans un discours télévisé que son pays faisait l'objet d'un "complot étranger" et avait promis d'y répondre. L'opposition syrienne a jugé que ce discours était une "incitation à la guerre civile" laissant présager "un comportement encore plus criminel" du régime.

Bachar el-Assad et son épouse Asma, sur la place des Omeyyades, en plein
coeur de Damas, aujourd'hui. Photos AFP
Alors que la pression internationale s'accroît sur le régime syrien, l'archevêque catholique d'Alep Jean-Clément Jeanbart se dit, dans un entretien publié aujourd’hui par le Figaro, "très préoccupé par les conséquences d'un renversement du régime qui pousserait beaucoup de fidèles à émigrer, comme en Irak depuis la chute de Saddam Hussein". "Les chrétiens n'ont pas confiance dans un pouvoir sunnite extrémiste. Nous redoutons la domination de Frères musulmans dogmatiques", explique-il au quotidien français. "Malgré les violences, il faut encore donner sa chance à Assad", ajoute-t-il, en assurant que "Bachar el-Assad est en train de persuader le parti Baas d'accepter les réformes".
Le religieux chrétien souligne que la nouvelle Constitution annoncée par le président syrien comporte "des points intéressants en matière de maintien de la laïcité, par exemple". Bachar el-Assad a annoncé mardi qu'un référendum sur une nouvelle Constitution, annoncé à l'automne par les autorités, aurait lieu "la première semaine de mars".
Selon Mgr Jeanbart, "le régime bénéficie de l'appui des minorités". En additionnant alaouites, chrétiens, kurdes, druzes, et ismaéliens aux membres du parti Baas et aux "commerçants sunnites de Damas et d'Alep", "vous dépassez probablement les 50% derrière Bachar", estime-t-il. "On ne veut pas ressembler à l'Irak", ajoute le dignitaire de l’Église catholique melkite. "Et puis l'évolution des transitions en Libye et en Égypte ne nous rassure pas. Tout cela renforce le pouvoir, même s'il réprime beaucoup trop".
Par ailleurs, la Ligue arabe a décidé de surseoir à l'envoi de nouveaux observateurs. "La Ligue arabe n'enverra plus pour le moment d'observateurs supplémentaires en Syrie" et attend que "la situation se calme" après l'attaque dans la région de Lattaquié (nord-ouest) contre ses observateurs dont trois - deux Koweïtiens et un Émirati - ont été blessés légèrement, a dit un responsable de l'organisation panarabe sous couvert d'anonymat.
Dimanche dernier, la Ligue arabe avait décidé de renforcer sa mission en Syrie, pourtant critiquée pour son incapacité à faire cesser la répression par le régime de la révolte populaire, en envoyant des observateurs en renfort.
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Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
- - Quoi de plus normal que l'église se range du côté du bien , contre le mal , et aux côtés des masses des vrais Syriens qui sont dans la rue , pour écouter et appuyer leur président . Tous les pétrodollars du monde et de la région , ne pourront rien contre ces appuis essentiels qui leur font défaut pour réussir leur coup d'état qui est mort né .
13 h 01, le 11 janvier 2012