Le 11 février dernier, après 18 jours de révolution, l’homme qui régnait d’une main de fer sur l’Egypte depuis trente ans avait été obligé de démissionner face aux pressions de la rue. Il n’était plus apparu en public depuis, ni depuis sa résidence de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il s'est d'abord rendu, ni depuis l'hôpital de cette ville où il a été admis en avril à la suite d'un problème cardiaque.
Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l'armée, jusqu'à devenir commandant en chef des forces aériennes, puis vice-président en avril 1975. L'assassinat par des islamistes du président Anouar el-Sadate lui permet en 1981 d'accéder à la tête de l'Egypte. A l’époque, personne ne prédisait beaucoup d'avenir à cet homme sans charisme.
Pourtant, il s’impose rapidement tant sur la scène intérieure qu’internationale. A peine arrivé au pouvoir, Hosni Moubarak instaure l’état d’urgence, qui restera en vigueur pendant tout son règne. Réputé pragmatique, mais de plus en plus coupé du peuple et orgueilleux, il s'appuie sur un redoutable appareil policier et un parti à sa dévotion pour étendre son emprise et régner sans partage sur le pays pendant trois décennies.
Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de modéré au sein du monde arabe valent à son régime autocratique les faveurs de l'Occident. Les Etats-Unis trouveront dans l’Egypte un allié indéfectible jusqu’à ce que la révolution les fasse changer de camp.
Tout au long de sa présidence, l’ancien raïs égyptien se montre résolument opposé à l'islamisme radical façon Al-Qaïda. Mais il ne parvient pas à enrayer la montée du mouvement conservateur des Frères musulmans, aujourd'hui la force politique la mieux organisée d'Egypte. Dans les dernières années de sa présidence, il met en place une politique d'ouverture économique qui offre à l'Egypte une amorce de décollage économique remarqué, mais aussi une aggravation des inégalités, du mécontentement social et de la corruption.
Hosni Moubarak est marié à Suzanne Thabet, qui fut très influente dans son entourage. Leurs deux fils, Alaa et Gamal, emprisonnés au Caire, sont jugés en même temps que leur père. Jusqu’à la chute du régime, Gamal Moubarak faisait figure de successeur présumé.
Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l'armée, jusqu'à devenir commandant en chef des forces aériennes, puis vice-président en avril 1975. L'assassinat par des islamistes du président Anouar el-Sadate lui permet en 1981 d'accéder à la tête de l'Egypte. A l’époque, personne ne prédisait beaucoup d'avenir...

