Zaoutar al-Gharbiyé, le 28 juillet 2026. Photo Mohammad Yassine pour L'Orient-Le-Jour
Après l’État, les États-Unis affichent leur attachement à l’accord-cadre. Emboîtant le pas au président de la République Joseph Aoun, l’ambassadeur US au Liban, Michel Issa, s’est rendu mardi matin à Zaoutar el-Gharbiyé (caza de Nabatiyé), l’une des zones pilotes où l’armée doit se déployer pour désarmer le Hezbollah, conformément à l’accord-cadre. L’ambassadeur américain, qui avait rencontré au début du mois le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv, a effectué sa visite dans le cadre d’un dispositif de sécurité renforcé. Après s’être rendu à l’église de l’Annonciation, le diplomate a immédiatement quitté le village, provoquant le mécontentement du président du conseil municipal, avec lequel la visite a été coordonnée, selon notre correspondant au Sud, Mountasser Abdallah. Or, l’équipe chargée de la sécurité du diplomate aurait tout simplement eu recours à des mesures visant à brouiller le programme de la tournée.
Dans la soirée, l’ambassade américaine a publié un communiqué, affirmant que la visite de Michel Issa visait « a constater par lui-même les progrès réalisés ainsi que les défis rencontrés » dans les zones pilotes. « Les États-Unis demeurent déterminés à soutenir le gouvernement libanais et les Forces armées libanaises dans le renforcement de l’autorité de l’État, la protection des civils, la fourniture de services et la création des conditions propices à une paix et à une stabilité durables. Nous continuerons à travailler avec toutes les parties concernées pour appuyer un Liban-Sud plus sûr et plus stable. »
À l’issue de sa visite, l’ambassadeur s’est rendu au pont de Qaaqaïyet el-Jisr. La route reliant la localité de Qaaqaïyet el-Jisr, au nord du fleuve Litani, à Froun, au sud du fleuve, avait été rouverte la veille, permettant le rétablissement du trafic après les perturbations causées par les frappes israéliennes. Dans un communiqué, le ministère des Travaux publics a officiellement annoncé l’ouverture à la circulation de cette voie de passage, précisant que les travaux de signalisation, notamment les marquages au sol, seront achevés après un délai de 15 jours nécessaire à l’assèchement de l’asphalte.Le Premier ministre Nawaf Salam a, de son côté, affirmé dans une publication sur X que la réhabilitation des infrastructures au Liban-Sud et le soutien aux habitants du Liban-Sud figuraient « au cœur des priorités » de son gouvernement. Revenant sur la réouverture du passage de Qaaqaïyet el-Jisr, il a assuré que son gouvernement œuvrait à ce que « l’État soit présent aux côtés des habitants du Sud ». Cette visite intervient à l’heure où une réunion pourrait se tenir incessamment entre l’ambassadrice libanaise à Washington, Nada Hamadé Moawad, et son homologue israélien, Yechiel Leiter.

Entretien Aragchi-Berry
La veille, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’était entretenu avec le président du Parlement libanais Nabih Berry, réaffirmant « l’engagement de l’Iran à préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Liban face à l’agression israélienne », et assurant du « plein soutien de la République islamique à la résistance digne du Liban contre l’occupation et l’agression du régime israélien », selon l’agence officieuse iranienne Fars. Les deux responsables avaient aussi évoqué la nécessité de « renforcer la coordination entre les pays de la région pour faire face aux ambitions hégémoniques et à la politique belliciste du régime israélien contre le Liban et d’autres pays de la région ». M. Berry a pour sa part remercié la République islamique d’Iran pour « son soutien au Liban » et informé son interlocuteur de la « situation dans le sud du pays ». Évoquant les attaques israéliennes au Liban, M. Berry avait souligné la « responsabilité juridique et morale de la communauté internationale et des pays islamiques d’arrêter les violations du droit international par le régime occupant, de tenir les responsables des crimes pour comptables et de les sanctionner ».
Le ministre finlandais de la Défense en tournée
Mardi en fin d’après-midi, le ministre de la Défense Michel Menassa devait recevoir à Yarzé son homologue finlandais Antti Häkkänen, qu’il a remercié pour le soutien de son pays au Liban et à son armée, ainsi que pour sa participation à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Les discussions ont également porté sur l’après-Finul, dont la mission doit prendre fin à la fin de l’année. Michel Menassa a insisté sur « l’importance de maintenir un rôle international » en soutien à la stabilité et à l’armée libanaise. Antti Häkkänen, de son côté, a insisté sur l’appui de son pays au Liban et a fait savoir que la Finlande participait aux discussions visant à mettre en place une mission internationale destinée à remplacer les Casques bleus. Le ministre finlandais s’est par la suite rendu auprès du commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, puis à Baabda pour un entretien avec le président Joseph Aoun. Celui-ci a assuré que l’armée libanaise « accomplit pleinement ses devoirs », rejetant comme « totalement infondées » les accusations israéliennes selon lesquelles elle manquerait à ses missions. Le chef de l’État a par ailleurs appelé l’Union européenne à contribuer à la reconstruction et s’est dit favorable à ce que tout pays qui le souhaite maintienne des forces au Liban-Sud après la fin du mandat de la Finul.
Sur le terrain, l’armée israélienne a affirmé, via sa porte-parole arabophone Ella Waweya, avoir découvert des armes et des infrastructures attribuées au Hezbollah au Liban-Sud. Dans un premier communiqué, sans préciser le secteur exact, elle a indiqué que l’armée avait trouvé dans la « zone de sécurité » une entrée de tunnel et des rampes de lancement « prêtes à l’emploi », contenant 32 roquettes « dirigées » vers le territoire israélien. Selon le texte, ces équipements avaient été laissés dans la zone avant l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu. La position et les rampes ont été détruites. Dans un second communiqué, l’armée israélienne a affirmé que ses forces de la brigade de montagne (810) avaient découvert lundi à Har Dov (les fermes contestées de Chebaa) une rampe de lancement et des missiles appartenant au parti chiite.En parallèle, l’armée israélienne a pilonné à l’artillerie dans la matinée de mardi une zone du village même de Zaoutar el-Gharbiyé, la crête de Ali Taher dans la même région, ainsi que Mansouri (caza de Tyr) et les environs de Kfarchouba (caza de Hasbaya). Les forces israéliennes ont procédé à plusieurs dynamitages à Majdel Zoun, Mansouri, dans le caza de Tyr, et à Bani Hayyan (Marjeyoun), et ont incendié ce qu’il restait de plusieurs habitations à Bayyada. Des tirs d’artillerie israéliens ont également visé Haddatha, Qousseir (Marjeyoun) et Mansouri. Ce village a été visé par une frappe israélienne. Une force israélienne a par ailleurs progressé dans la réserve naturelle de Baraachit, où elle a mené des travaux de terrassement au moyen d’un bulldozer.


Ce n’est pas ce bon naïm qui irait faire une randonnée au Sud. Pourtant il disait qu’il protégeait le pays et qu’il empêchait le voisin de nous envahir. Sauf s’il parlait de tripoli.
09 h 35, le 16 septembre 2026