Un garçon irakien se tient sur le seuil d’une vieille maison dans le quartier historique d’al-Murabba’a, sur la rue al-Rachid, l’une des rues les plus anciennes et les plus célèbres de Bagdad, dans la capitale irakienne, le 10 septembre 2026. Photo Ahmad al-Rubaye / AFP
L'Irak a fermé samedi trois postes-frontières avec l'Iran, ont indiqué à l'AFP des responsables sécuritaires, après une attaque contre un oléoduc saoudien qui a été lancée depuis le territoire irakien selon Riyad et Bagdad.
L'attaque, qui a été menée jeudi avec des drones, a touché l'oléoduc saoudien Est-Ouest reliant Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu sur la mer Rouge. Elle a fait des blessés selon l'agence de presse officielle saoudienne SPA. Elle n'a pas été revendiquée et des groupes armés irakiens pro-iraniens, déjà accusés par Riyad par le passé d'attaques sur des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, ont nié en être à l'origine.
Peu après l'attaque, le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a limogé le commandant militaire de la province de Missan, dans le sud du pays, les autorités ayant rapidement établi que les drones avaient été lancés depuis cette zone.
Deux sources sécuritaires irakiennes ont par ailleurs fait état samedi de la découverte de lanceurs de drones près de la frontière entre l'Irak et l'Iran, dans une région reculée. Une source de sécurité irakienne et un responsable gouvernemental ont déclaré à l'AFP que les autorités avaient ordonné la fermeture de trois points de passage frontaliers avec l'Iran.
Selon la source sécuritaire, cette décision s'inscrit dans le cadre d' »efforts de renseignement visant à retrouver les auteurs et à les empêcher de fuir (...) ainsi qu'à entraver la contrebande de drones via ces points de passage ».
Les deux sources, s'exprimant sous couvert d'anonymat, n'ont pas pu préciser quand ces postes frontières rouvriraient.
Les points de passage fermés sont ceux de Shalamcheh (province de Bassora) et d'al-Shib (province de Missan), tous deux situés dans le sud de l'Irak, ainsi que celui d'al-Mandali, dans la province centrale de Diyala. Les autres points de passage frontaliers avec l'Iran restent ouverts.
La cellule gouvernementale d'information sur la sécurité a indiqué de son côté que les autorités avaient « entamé des opérations de réorganisation administrative et sécuritaire à plusieurs points de passage frontaliers, ce qui nécessite leur fermeture ».
Elle a ajouté que les « activités de renseignement » avaient été renforcées pour déterminer « les failles » survenues à ces points de passage, sans toutefois mentionner l'attaque.
Le porte-parole militaire de M. Zaïdi, Sabah al-Numan, a indiqué que le Premier ministre irakien avait approuvé « une demande iranienne pour mener une enquête commune afin de découvrir des plateformes de lancement de drones près de la frontière entre l'Irak et l'Iran ».
En juillet, les États-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir frappé des combattants pro-iraniens en Irak, en réponse à des attaques contre les forces américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Ces frappes avaient tué 20 combattants, dont cinq Iraniens. Depuis son entrée en fonction au printemps, le Premier ministre irakien s'est engagé à ce que les factions armées remettent leurs armes à l'État. La question a attisé les tensions ces dernières semaines, plusieurs groupes refusant de désarmer.
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