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Politique - Liban-Sud

Prise de Ali Taher : la « zone tampon » au Liban-Sud est achevée, proclame Katz

L'armée israélienne va « maintenant finir de neutraliser ces tunnels » et renforcer ses positions sur la crête, annonce le ministre israélien de la Défense ; un député du Hezbollah met en doute l'annonce de l’État hébreu.

Prise de Ali Taher : la « zone tampon » au Liban-Sud est achevée, proclame Katz

Une image satellite montrant les dégâts sur la crête de Ali Taher, près de Nabatiyé, au Liban-Sud, le 8 mars 2026. Photo d'archives 2026 Planet Labs PBC/Handout via REUTERS

L’annonce avait tout d’une surprise. Après plusieurs mois d’attaques quotidiennes contre la crête de Ali Taher, une hauteur stratégique située au nord du fleuve Litani, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec Israël, et surplombant la région de Nabatiyé, au Liban-Sud, et alors que des informations faisaient état de préparatifs en vue d’une offensive israélienne, l’armée israélienne a affirmé avoir pris le « contrôle opérationnel » de cette position. Aucune attaque n’avait été rapportée dans le secteur vendredi en journée, à l’exception de tirs d’artillerie autour de Dabché et de Dohat Kfarremmane, dans le prolongement nord de la colline, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. En début de soirée, toutefois, un drone israélien a largué des charges explosives sur la crête de Ali Taher.

« La prise de la crête de Ali Taher marque l'achèvement du contrôle de la zone de sécurité au Liban-Sud », a déclaré vendredi le ministre de la Défense Israël Katz, dans une vidéo diffusée par ses services. L'armée israélienne va « maintenant finir de neutraliser ces tunnels » et renforcer ses positions sur la colline pour « empêcher l'ennemi de reprendre position dans la zone », a-t-il ajouté. « Israël ne se retirera pas de la zone de sécurité au Liban jusqu'à ce que le Hezbollah soit désarmé », a insisté le ministre israélien.

Jusqu'à vendredi soir, le Hezbollah observait un mutisme complet, à l'exception d'une réaction du député Ihab Hamadé qui a mis en doute « la réalité du contrôle israélien de la colline », au cours d’un entretien à l’antenne arabe de la radio russe Sputnik. « Sa prise de contrôle par Israël ne constitue pas une catastrophe sur le plan militaire et ne marque pas non plus la fin du chemin, d’autant que la résistance a livré une confrontation légendaire à Ali Taher », a-t-il dit. Avant d’émettre des doutes : « Comment l’ennemi peut-il prétendre contrôler la colline de Ali Taher alors qu’il continue de la bombarder et d’y mener des raids de manière continue, sachant qu’il la contrôle depuis les airs ou qu’il l’encercle géographiquement de toutes parts, sans que ses forces aient pu pénétrer dans l’installation ni en prendre le contrôle sur le terrain ? », a-t-il poursuivi. L’armée israélienne avait cependant cessé vendredi toute attaque contre la colline. « Israël n’a publié aucune image confirmant qu’il s’est emparé de Ali Taher », a également noté le parlementaire. L'annonce israélienne avait été faite depuis ce qui semble être un tunnel, sans qu'il ne soit possible d'en localiser l'emplacement.

Armes, ordinateurs et combattants « neutralisés »

L'expert militaire Riad Kahwaji décrit « un réseau de tunnels », qui « connecte les villages aux alentours ». Cet analyste, qui dirige le centre INEGMA, souligne la position stratégique de cette crête qui « constitue la porte d'entrée » vers l'Iqlim al-Touffah, une région plus éloignée de la frontière considérée comme un fief du Hezbollah, ainsi que l'ouest de la plaine de la Békaa. « Le contrôle de cette crête donnerait aux Israéliens un accès aisé à ces deux régions », explique-t-il.

Dans la soirée de jeudi, des sources locales de notre correspondant minimisaient l'importance de l'annonce israélienne. Selon elles, l’armée israélienne pourrait être entrée dans certaines structures du Hezbollah au niveau de la crête de Ali Taher, mais pas la totalité d'entre elles. Ces sources indiquent par ailleurs qu’une « petite structure » du parti chiite à Ali Taher a été prise par l’armée israélienne dernièrement, sans que cela n’affecte la situation stratégique dans la zone.

« Ces dernières semaines, la 36e division a démantelé deux tunnels souterrains dans le secteur des hauteurs de Ali Taher, situé dans la zone de sécurité. Les forces israéliennes ont pris le contrôle opérationnel de la zone, tant en surface que sous terre, et l’ont débarrassée des terroristes qui s’y trouvaient. Certains ont été tués, d’autres ont pris la fuite », avait affirmé jeudi soir l'armée israélienne dans un communiqué. Elle avait dit avoir « achevé le démantèlement des infrastructures souterraines du Hezbollah sur les hauteurs de Ali Taher et travailler à leur neutralisation ». « L’opération de neutralisation des infrastructures souterraines, désormais débarrassées des terroristes, se poursuit. Une fois l’opération terminée, l’armée israélienne se redéploiera sur le plan défensif, en fonction de l’évaluation de la situation », avait-elle ajouté. « Les terroristes qui se trouvaient à l’intérieur de ces infrastructures préparaient des attentats contre l’État d’Israël et son armée. Grâce aux opérations menées dans ces tunnels ces dernières semaines, la possibilité de mener des attentats contre les citoyens israéliens et l’armée israélienne depuis ces tunnels a été neutralisée », peut-on encore lire dans le communiqué. Par ailleurs, l’armée israélienne affirmait avoir découvert dans ces souterrains « des salles d’opérations, des dépôts d’armes, des locaux abritant des générateurs, des logements, des douches et une cuisine, permettant aux terroristes de mener des opérations de combat et de s’y installer pendant de longues périodes ». « Cette infrastructure stratégique a été construite sur une période de vingt ans, financée et planifiée par le régime terroriste iranien », indiquait le communiqué.

Un « succès stratégique », vante Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est lui aussi félicité jeudi soir de cette prise, qu'il a présentée comme un « succès stratégique ». « Excellente nouvelle ce soir. L'armée a nettoyé la crête de Ali Taher, près de Beaufort, qui servait de position stratégique d'où le Hezbollah harcelait Kiryat Shmona et Metula », deux localités du Nord israélien. Israël avait déjà pris fin mai le contrôle d'une autre position stratégique dans le sud du liban, la forteresse médiévale de Beaufort. La forteresse se trouve dans la zone dite « de sécurité » occupée par Israël dans le sud, le long de la frontière, et la crête à la lisière de ce secteur, à quelques kilomètres de là. D'après M. Netanyahu, le parti pro-iranien menaçait depuis Ali Taher « de conquérir la Galilée ». Il a félicité l'armée d'avoir « neutralisé armes et ordinateurs » trouvés sous la colline, affirmant que le Hezbollah avait « tenté d'empêcher » la prise de contrôle de la crête et que « de nombreux terroristes y ont été éliminés ». « Aujourd'hui, nous pouvons l'affirmer : la crête de Ali Taher ne nous menace plus », a-t-il déclaré.

Aucune information n'est disponible sur le nombre de miliciens du Hezbollah tués au cours de ces opérations, alors que le parti ne fait plus d'annonces officielles concernant les morts dans ses rangs. Et alors que ces dernières semaines des sources avaient fait état de la présence dans les tunnels sous Ali Taher, de combattants des gardiens de la révolution, une source militaire israélienne citée par le quotidien Maariv estime que cela n'était pas le cas. « Bien que les tunnels aient été construits par l'Iran, aucun conseiller iranien ni membre des gardiens de la révolution n'y a été trouvé depuis le début des opérations de l’armée dans la région », précise cette source. « Certains terroristes présents dans les tunnels de la crête de Ali Taher ont été tués. D'autres ont réussi à s'échapper par leurs propres moyens », ajoute-t-elle.

La crête de Ali Taher était dans le viseur de l’État hébreu même avant la reprise de la guerre le 2 mars 2026. Pendant les 15 mois de cessez-le-feu, depuis novembre 2024, les Israéliens, qui poursuivaient leurs attaques contre le Sud, menaient en effet régulièrement des séries de frappes sur ce relief. Jeudi encore, les rumeurs allaient bon train concernant une possible offensive d'envergure contre la colline. Selon l'agence Reuters, l'Iran avertissait ce jour-là les États-Unis qu’il riposterait avec force à toute offensive israélienne contre ce point stratégique où des militaires iraniens seraient retranchés aux côtés de combattants du Hezbollah.

Israël a fait son annonce alors que plus tôt dans la journée, les autorités avaient annoncé la libération de cinq détenus libanais dans un geste de « bonne volonté » envers le Liban, et un pas en avant pour une reprise des négociations directes dans le courant du mois.

Deux tués à Kfar Remmane,

Outre l'annonce concernant Ali Taher, les attaques israéliennes se sont poursuivies. En soirée, un drone israélien a mené une frappe à proximité du siège de l'ordre des ingénieurs à Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyé, visant une moto et faisant deux morts. Plusieurs frappes aériennes israéliennes ont visé le village de Mansouri, dans le caza de Tyr. Au moins quatre missiles ont été tirés sur la localité. L’armée israélienne y a également fait exploser plusieurs maisons, tandis qu’un petit drone israélien a largué une grenade assourdissante. Des tirs d’artillerie israéliens ont par ailleurs visé le village de Bani Hayyane, dans le caza de Marjeyoun, ainsi que le secteur de Mahafer, dans les environs de Baraachit, dans le caza de Bint Jbeil. Des frappes aériennes israéliennes ont également ciblé le quartier de Deir, à Nabatiyé el-Faouqa.

Dans la nuit de jeudi à vendredi dans la région de Nabatiyé, d’importantes explosions ont été entendues à Kfar Tebnit, et des tirs d’artillerie ont ciblé Doha Kfar Remmane, Kfar Remmane, Mayfadoun, et Nabatiyé el-Faouqa. Des soldats israéliens ont également installé un nouveau poste d’observation dans une maison à Zaoutar el-Charkiyé pendant la nuit. Par ailleurs, l'armée israélienne a effectué plusieurs dynamitages à Mansouri (caza de Tyr), où des tirs d'artillerie et de mitrailleuse ont été entendus dans la nuit, pendant laquelle un char Merkava positionné à Bayyada a tiré plusieurs obus en direction du village côtier. Dans la journée, de nouveaux tirs d’artillerie ont touché le village, également victime de deux dynamitages. Dans le caza de Bint Jbeil, dans le secteur central, d'importantes explosions ont eu lieu à Serbine, et Haddatha a essuyé des tirs de mitrailleuses de moyen calibre. Dans le caza de Marjeyoun, des tirs d'artillerie ont aussi atteint Qantara et Khiam.

L’annonce avait tout d’une surprise. Après plusieurs mois d’attaques quotidiennes contre la crête de Ali Taher, une hauteur stratégique située au nord du fleuve Litani, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec Israël, et surplombant la région de Nabatiyé, au Liban-Sud, et alors que des informations faisaient état de préparatifs en vue d’une offensive israélienne, l’armée israélienne a affirmé avoir pris le « contrôle opérationnel » de cette position. Aucune attaque n’avait été rapportée dans le secteur vendredi en journée, à l’exception de tirs d’artillerie autour de Dabché et de Dohat Kfarremmane, dans le prolongement nord de la colline, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. En début de soirée, toutefois, un drone israélien a largué des charges explosives sur...
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Les journalistes étrangers vont pouvoir bientôt visiter .?

Dorfler lazare

17 h 44, le 04 septembre 2026

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  • Les journalistes étrangers vont pouvoir bientôt visiter .?

    Dorfler lazare

    17 h 44, le 04 septembre 2026

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