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Politique - Liban-Sud

Dans un geste de « bonne volonté », Israël libère un détenu mais reporte la remise de quatre autres à vendredi

Cette concession intervient au lendemain d’une réunion à Tel-Aviv entre l’ambassadeur américain au Liban et le Premier ministre israélien... et le jour de l’enlèvement de trois personnes à Halta.

Dans un geste de « bonne volonté », Israël libère un détenu mais reporte la remise de quatre autres à vendredi

Des militaires libanais et d'autres du contingent français de la Finul, le 8 juillet 2025 sur une base de l'armée libanaise dans la région de Tyr, au Liban-Sud, en amont d'une patrouille conjointe. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Alors qu’il avait annoncé, jeudi, sa volonté de libérer cinq prisonniers dans un geste de « bonne volonté » envers le Liban, selon les termes de son Premier ministre Benjamin Netanyahu, Israël n’a finalement relâché qu’une seule personne, le Libanais Malek Kamal Ghazi, et reporté les autres remises en liberté à vendredi « en principe », selon une source sécuritaire contactée par L’Orient-Le Jour. Cette annonce intervient deux jours après la visite de l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, à Tel-Aviv, où il a tenté de débloquer les négociations entre les deux pays lors d’un entretien avec Benjamin Netanyahu.

Âgé de 20 ans, Malek Ghazi avait disparu en octobre 2025, alors qu’il pratiquait une activité sportive dans la région de Rachaya, selon les informations de nos correspondants dans le Sud et la Békaa, Mountasser Abdallah et Sarah Abdallah. Les services de renseignement de l’armée libanaise ont pris en charge le jeune homme après son transfert au Liban par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à travers la frontière, à Naqoura. « J’attends juste de le voir (…) Nous sommes soulagés », confie à L’OLJ le frère de Malek Ghazi, à l’heure où les renseignements de l’armée doivent le remettre à sa famille.

Une source locale à Aïn Aata, village d’origine de Ghazi, a confirmé à L’OLJ que le jeune homme avait été enlevé il y a environ un an. « La famille l’a appris auprès d’anciens prisonniers qui avaient été relâchés », a-t-elle indiqué. Les quatre autres détenus, deux Libanais et deux Syriens, devaient initialement être remis au Liban jeudi à 18 heures, mais l’opération a été remise à vendredi « en principe », selon la source sécuritaire précitée. Il s’agit de civils et non de miliciens du Hezbollah, poursuit cette source, qui précise que ces personnes n’étaient pas incluses dans la liste des prisonniers en Israël communiquée aux autorités.

Salam remercie l'ambassadeur Issa

Commentant la libération de Malek Ghazi, le Premier ministre Nawaf Salam a remercié l’administration américaine, et en particulier l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, pour « les efforts déployés en ce sens ». Le diplomate s’était entretenu mardi à Tel-Aviv avec Benjamin Netanyahu, cherchant à convaincre la partie israélienne de répondre à certaines des revendications libanaises afin de soutenir et de renforcer la position de l’État libanais.

La question des détenus libanais en Israël figurait officiellement à l’ordre du jour du septième round de négociations, tenu à Rome en août dernier sous médiation américaine. Les deux parties avaient alors échangé des premières listes de détenus et de personnes portées disparues, selon un média israélien. Beyrouth avait demandé que la première étape consiste en la libération d’un groupe de détenus civils.

Selon le bureau de M. Netanyahu, Israël a confirmé la libération de cinq ressortissants libanais détenus dans le sud du Liban, après avoir établi qu’ils n’avaient aucun lien avec des groupes armés, cette décision intervient dans le cadre des négociations avec le Liban portant notamment sur la récupération des dépouilles de dirigeants de la communauté juive libanaise tués dans les années 1980. Douze Juifs libanais, dont le chef de cette communauté, avaient été enlevés entre 1984 et 1986, alors que des groupes clandestins accusés d'être liés au Hezbollah kidnappaient des Occidentaux. La plupart ont été exécutés.

Le correspondant diplomatique de la chaîne israélienne i24 News, Guy Azriel, a apporté davantage de précisions, affirmant que Benjamin Netanyahu avait demandé aux responsables israéliens d’intensifier les efforts pour retrouver et rapatrier les dépouilles de ces personnalités juives libanaises, désignées comme les « Harugei Malchut » (« martyrs du royaume »). Selon lui, le Premier ministre israélien suit ce dossier depuis plusieurs décennies, depuis notamment qu'il a occupé le poste d’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies.

Toujours selon Guy Azriel, d’importants efforts ont été menés ces derniers mois par le Liban et Israël pour localiser ces dépouilles, notamment à travers des « opérations sur le terrain ». Il a affirmé également qu’à l’issue de leurs interrogatoires, les autorités israéliennes ont conclu que les cinq détenus libanais étaient des civils, qu’ils n’appartenaient à aucune organisation « terroriste », n’avaient participé à aucune activité de ce type et qu’il n’existait donc « aucune raison de continuer à les détenir en Israël ».

Washington dit continuer à faciliter le dialogue entre Israël et le Liban

Les États-Unis continuent de faciliter « quotidiennement » le dialogue entre Israël et le Liban, a affirmé un haut responsable du département d’État américain, cité jeudi par le journaliste israélien Barak Ravid, d’Axios. Selon ce responsable, la médiation américaine a notamment contribué à la libération de plusieurs détenus libanais par Israël.

« L’administration Trump continue de faciliter quotidiennement le dialogue entre Israël et le Liban et attend avec intérêt le prochain round de négociations à Rome plus tard ce mois-ci », a déclaré le responsable américain, cité par Barak Ravid.

La question de la libération des détenus avait été soulevée lors du dernier round de négociations entre Israël et le Liban, organisé à Rome en août, avant d’être finalisée cette semaine lors de la visite en Israël de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, selon la même source.

Washington a également salué les gouvernements israélien et libanais pour avoir « fait preuve de bonne foi » à travers ces premières mesures, espérant que celles-ci serviront de « base à des discussions élargies sur d’autres questions civiles ». Le responsable américain a par ailleurs que Washington restait « attaché mise en œuvre de l’accord-cadre trilatéral », a-t-il conclu.

L'armée israélienne enlève trois personnes à Halta

Alors qu’Israël annonçait la libération de cinq détenus libanais, trois personnes étaient emmenées de force par l’armée israélienne à Halta, dans le secteur est de la bande frontalière au Liban-Sud, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah.

L’opération avait débuté jeudi à l’aube. Une unité de l’armée israélienne a pénétré dans ce hameau frontalier du caza de Hasbaya, situé dans la « zone tampon » occupée, mais toujours habité par une population majoritairement sunnite. Les militaires ont d’abord pris contact avec le moukhtar (élu local) du village et un membre du conseil municipal, avant d’encercler plusieurs habitations. Les habitants ont été empêchés de quitter leur domicile par des messages diffusés par les forces israéliennes.

Les militaires ont ensuite perquisitionné plusieurs maisons et emmené environ 15 personnes, selon le président de la municipalité de Kfarchouba, dont dépend Halta, Kassem al-Qadri, joint par notre correspondant. Parmi elles figurait Hatem Abdel Aal, membre du conseil municipal.

Parallèlement aux perquisitions, l’artillerie israélienne a visé à plusieurs reprises les hauteurs du village, également prises pour cible par des tirs de mitrailleuses. Après plusieurs heures d’interrogatoires et de perquisitions, les forces israéliennes ont emmené trois des personnes arrêtées vers une destination inconnue et relâché une douzaine d’autres. Le sort de Hatem Abdel Aal restait inconnu dans l’immédiat.

Dynamitages

Poursuivant leurs opérations militaires, les forces israéliennes ont effectué un puissant dynamitage à Kfartebnit, dans le caza de Nabatiyé, qui a provoqué de fortes secousses ayant fait trembler des maisons à Nabatiyé et ayant été ressenties jusqu’à Saïda, à plus de 25 kilomètres en ligne droite. Une habitante de Nabatiyé a indiqué à notre correspondant dans le Sud avoir senti sa maison trembler, tandis que ses enfants ont été pris de panique.

Les forces israéliennes ont également bombardé à l'artillerie Houla (Marjeyoun) et incendié d'autres maisons à Mansouri (Tyr). Elles ont par ailleurs incendié des maisons à Bani Hayyan (Marjeyoun), où plusieurs dynamitages ont également eu lieu. Dans la même région, des véhicules militaires israéliens ont en outre été vus se déplaçant de Houla vers Wadi Slouki, tandis que des tirs de chars visaient le secteur. Les forces israéliennes ont également procédé à une importante explosion à Qantara (Marjeyoun).

Des obus ont été aussi tirés en direction de la périphérie de Kfarchouba, où des véhicules militaires israéliens ont été aperçus en contrebas de la position israélienne de Ramtha, sur les hauteurs contestées surplombant le village. En mars 2026, plusieurs maisons du village avaient déjà été fouillées par les forces israéliennes. Située au sein de la « zone tampon », qui s’étend sur plus de 600 km² de territoire libanais occupé par Israël, le hameau fermier de Halta dépend administrativement de la municipalité de Kfarchouba, également visée dans le passé par des enlèvements réguliers menés par les troupes israéliennes.

Ailleurs dans le Sud, l’artillerie israélienne a tiré cinq obus en direction du lit du fleuve Litani, dans le secteur du pont de Khardali, visant une zone située à l’ouest de Deir Mimas et à l’est du château de Beaufort, dans le secteur est. Dans la même région, l’armée israélienne a procédé à une explosion contrôlée dans les environs de Deir Seriane (Marjeyoun), simultanément à des tirs d’artillerie, ainsi qu'à Qantara. Au niveau de Mansouri, village coupé en deux par la « Ligne jaune » au sud de Tyr dans le secteur ouest, des tirs d'artillerie et des largages de grenades assourdissantes ont été signalés, selon notre correspondant.

Par ailleurs, dans la nuit, d’intenses tirs d’artillerie avaient notamment visé les collines de Ali Taher, Dohat Kfarremmane et la zone de Dabché, dans le caza de Nabatiyé. Dohat Kfarremmane a de nouveau été bombardée par l'artillerie israélienne plus tard dans la nuit. Dans cette zone, l'armée israélienne encercle la crête stratégique de Ali Taher, dans laquelle se trouverait une base militaire du Hezbollah et des miliciens. Non loin, elle a également effectué trois importantes opérations de dynamitage à Kfartebnit, du côté d’Arnoun. Dans le caza de Marjeyoun, cinq obus ont frappé Qantara et six autres Wadi Houjeir, de nouveau pris pour cible après minuit. D'autre part, des tirs de ratissage à la mitrailleuse ont ciblé Zaoutar el-Charqiyé, dans le caza de Nabatiyé, ainsi que de Srebbine, dans celui de Bint Jbeil.

« Violations israéliennes continues »

Face à ces attaques qui semblent aller crescendo au Liban-Sud, le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé, lors d'une réunion avec le ministre néerlandais du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, Sjoerd Sjoerdsma, les « violations continues » de l’accord-cadre conclu à Washington le 26 juin dernier avec Israël, alors que, de son côté, l'armée libanaise « s'acquitte pleinement de ses missions » prévues dans le texte. L'accord prévoit le déploiement de la troupe dans des « zones pilotes » du Sud, où l'arsenal du Hezbollah doit être démantelé et dont l'armée israélienne doit se retirer.

Selon M. Aoun, les accusations visant l'armée libanaise, principalement publiées par des médias israéliens qui l'ont accusée de ne pas faire suffisamment d'efforts pour le désarmement, visent uniquement à « lui porter atteinte et semer le doute sur son rôle ». L'armée elle-même avait dénoncé mercredi ces attaques médiatiques. Concernant le mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban-Sud (Finul), qui expire en décembre et dont Tel-Aviv et Washington rejettent toute prorogation, le chef de l'État a indiqué rester « attaché » à sa présence dans le Sud au vu de son « rôle important », mais qu'il « accueillerait favorablement la possibilité qu’un autre pays ami poursuive son action » faute de renouvellement.

Alors qu’il avait annoncé, jeudi, sa volonté de libérer cinq prisonniers dans un geste de « bonne volonté » envers le Liban, selon les termes de son Premier ministre Benjamin Netanyahu, Israël n’a finalement relâché qu’une seule personne, le Libanais Malek Kamal Ghazi, et reporté les autres remises en liberté à vendredi « en principe », selon une source sécuritaire contactée par L’Orient-Le Jour. Cette annonce intervient deux jours après la visite de l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, à Tel-Aviv, où il a tenté de débloquer les négociations entre les deux pays lors d’un entretien avec Benjamin Netanyahu. Âgé de 20 ans, Malek Ghazi avait disparu en octobre 2025, alors qu’il pratiquait une activité sportive dans la région de Rachaya, selon les informations de nos correspondants dans le...
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Bonne volonté... Alors qu'ils détruisent des villages tous les joursTFEH

Emile

12 h 14, le 04 septembre 2026

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Commentaires (2)

  • Bonne volonté... Alors qu'ils détruisent des villages tous les joursTFEH

    Emile

    12 h 14, le 04 septembre 2026

  • Ces sionistes ont peur de leur ombre

    Eleni Caridopoulou

    20 h 56, le 03 septembre 2026

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