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Politique - Frontières

Depuis Masnaa, l'exportation terrestre des produits libanais a repris vers l'Arabie saoudite

L'ambassadeur Dossari réitère la « confiance » de Riyad dans le Liban ; Rassamny revient sur les mesures mises en place pour lutter contre la corruption et la contrebande au niveau de toutes les frontières.

Depuis Masnaa, l'exportation terrestre des produits libanais a repris vers l'Arabie saoudite

Le passage libanais frontalier de Masnaa dans la Békaa, le 8 décembre 2024, quelques heures après la chute du régime syrien de Bachar el-Assad. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Des dizaines de camions contenant des produits agricoles libanais ont franchi jeudi le poste-frontière de Masnaa, entre le Liban et la Syrie, à destination de l'Arabie saoudite, marquant officiellement la reprise des exportations libanaises par voie terrestre à destination du Royaume, plus de deux mois après que Riyad a autorisé à nouveau ces exportations. Le départ des camions a eu lieu au terme d'une visite protocolaire de l'ambassadeur saoudien Fahd al-Dossari, qui a inspecté les infrastructures frontalières et affirmé la « confiance » de son pays dans le Liban, après des années de relations refroidies par des affaires de narcotrafic et par la mainmise grandissante du Hezbollah sur la scène politique. De son côté, le ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, qui accompagnait l'ambassadeur dans sa visite, est revenu sur les travaux et aménagements en cours aux différentes frontières du Liban pour réduire la corruption, la contrebande et toutes sortes de trafics.

M. Rassamny a évoqué, lors de la tournée, le besoin du Liban en matière « d’investissements de pays amis ». « Nous comprenons que les agissements du passé nous ont fait perdre la confiance de l’Arabie saoudite », a-t-il reconnu. M. al-Dossari n’a pas tardé à réagir. Au micro de la chaîne LBCI, il a déclaré : « S’il n’y avait pas de confiance, nous ne serions pas là. » Des propos qui confirment que les relations entre les deux pays, très proches historiquement, sont actuellement dans une nouvelle phase de réchauffement, plus de deux mois après que Riyad a annoncé autoriser la reprise des exportations libanaises vers le royaume. En 2021, les États du Golfe, dont l'Arabie saoudite avaient rappelé leurs ambassadeurs à Beyrouth après les propos d'un ministre libanais critiquant l'intervention militaire de l'Arabie saoudite au Yémen. Riyad avait également suspendu les importations de fruits et légumes en provenance du Liban en avril de la même année, affirmant que les cargaisons étaient utilisées pour le trafic de drogue et accusant Beyrouth d'inaction.

Trois ans de travaux prévus à Masnaa

Le ministre libanais a par ailleurs évoqué les travaux de réhabilitation de ce poste-frontière de Masnaa, le principal entre la Syrie et le Liban et la « porte du Liban vers son environnement arabe ». Il a expliqué les grandes lignes de ce chantier et notamment la construction de « voies séparées pour les camions, les bus et les voyageurs » et le déplacement du poste-frontière, tenu par les Douanes et la Sûreté générale libanaises, de celui des autorités syriennes, de manière à « réduire la distance de transit, renforcer les contrôles et lutter contre la contrebande ». Des travaux prévus pour les trois prochaines années, et d'un coût estimé à environ 61 millions de dollars. Il a réitéré en outre que la sécurité et la sûreté des postes-frontières terrestres, maritimes et aériens constituent, depuis la formation du gouvernement (en février 2025, ndlr), l’une de ses principales priorités », revenant sur des mesures prises dernièrement, notamment le fait que des scanners sont en cours d'installation dans les ports de Beyrouth et Tripoli afin de contrôler « 100 % des exportations ».

La frontière entre la Syrie et le Liban est longue et poreuse, notamment parce qu'elle n'est pas délimitée tout au long de son tracé, qui est parfois controversé. Ces derniers mois, les autorités syriennes ont annoncé à plusieurs reprises avoir arrêté des tentatives de contrebande d'armes ou de drogues de ou vers le Liban.

Lors de sa visite jeudi à Masnaa, M. Rassamny a encore évoqué « des réunions régulières avec les Syriens en vue de développer (nos) économies respectives ». « Nous ouvrirons dans les prochaines semaines le poste-frontière de Abboudiyé », entre le Akkar et la région syrienne de Homs, « ce qui réduira le trafic sur celui de Masnaa », a-t-il ajouté.

La majorité des postes-frontières entre le Liban et la Syrie, dont ceux de Masnaa, Abboudiyé et celui de Arida, sur le littoral au nord de Tripoli, ont été lourdement endommagés par des frappes israéliennes lors du conflit de 2024 entre le Hezbollah et Israël.

Des dizaines de camions contenant des produits agricoles libanais ont franchi jeudi le poste-frontière de Masnaa, entre le Liban et la Syrie, à destination de l'Arabie saoudite, marquant officiellement la reprise des exportations libanaises par voie terrestre à destination du Royaume, plus de deux mois après que Riyad a autorisé à nouveau ces exportations. Le départ des camions a eu lieu au terme d'une visite protocolaire de l'ambassadeur saoudien Fahd al-Dossari, qui a inspecté les infrastructures frontalières et affirmé la « confiance » de son pays dans le Liban, après des années de relations refroidies par des affaires de narcotrafic et par la mainmise grandissante du Hezbollah sur la scène politique. De son côté, le ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, qui accompagnait...
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