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Moyen-Orient - Syrie

Israël pointe la « menace » turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément

Cette attaque marque un acte de défiance rare de la part d'Israël envers Washington.

Israël pointe la « menace » turque après une frappe sur une base syrienne, Ankara dément

La base aérienne syrienne d'Abou Douhour, dans la province d'Idleb, le 18 août 2026 après des frappes israéliennes. Photo Reuters/Stringer

La Turquie a rejeté mercredi des allégations israéliennes selon lesquelles Ankara se préparait à déployer des troupes en Syrie, au lendemain de frappes qui ont visé une base aérienne dans ce pays.

Israël a accusé mardi la Turquie de représenter une « menace » en se préparant à envoyer des troupes sur la base aérienne d'Abou Dhouhour, sans toutefois revendiquer explicitement cette frappe, qui a visé cette infrastructure en cours de réfection dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Les États-Unis ont toutefois attribué cette frappe à leur allié israélien et l'ont condamnée. Cette attaque marque un acte de défiance rare de la part d'Israël envers Washington, qui a cherché à soutenir le nouveau gouvernement syrien dirigé par un ancien jihadiste allié à la Turquie.

« Israël a averti à plusieurs reprises la Syrie qu'un tel déploiement constituerait une menace pour la sécurité d'Israël. La Syrie a choisi d'ignorer ces avertissements », a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ankara a toutefois nié tout projet de déploiement de troupes en Syrie. « Les allégations infondées avancées par le cabinet du Premier ministre israélien visent à légitimer les frappes aériennes illégales d'Israël, qui portent atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Syrie », a déclaré le gouvernement dans un communiqué relayé par l'agence étatique Anadolu.

« Escalade inutile »

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations se sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan. Issu de la mouvance de l'islam politique, ce dernier a vivement dénoncé Israël, notamment en raison de son offensive dévastatrice à Gaza.

Damas a condamné « dans les termes les plus forts » une « agression injustifiée » de la part de son voisin. L'envoyé spécial du président américain en Syrie, Tom Barrack, a indiqué que les États-Unis étaient « profondément préoccupés » par « les frappes aériennes israéliennes confirmées contre la base aérienne d'Abou Dhouhour », dénonçant « une escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale ».

La télévision d'État a fait état de « huit frappes » aériennes israéliennes sur la base, qui ont entraîné « des dommages matériels » mais sans faire de victimes.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar el-Assad par une coalition de groupes islamistes. Il a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, affirmant y avoir mis en place une « zone de sécurité » dont il revendique le maintien.

Visite turque récente

L'aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon une source sécuritaire à l'AFP, et il est protégé par les forces du ministère syrien de la Défense. Depuis la chute de l'ancien régime syrien en décembre 2024, la base sert de centre d'entraînement pour la nouvelle armée syrienne, selon une source militaire citée par al-Ikhbariya. Situé à environ 27 km à l’est de Saraqib, près d’Abou al-Douhour, cet aéroport est un site militaire d’importance stratégique reliant les provinces d’Idleb, de Hama et d’Alep, et se trouve à proximité du désert syrien.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, ces frappes ont eu lieu après « la visite, ces derniers jours, d'une délégation militaire turque à l'aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service ».

La Syrie a à de nombreuses reprises condamné les opérations israéliennes sur son territoire, et exigé le retrait des troupes qu'Israël y a déployées. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait déclaré, dans un discours prononcé le 6 août, qu’Israël continuait de menacer la sécurité de la Syrie par ses attaques répétées. Il avait appelé à faire pression sur Israël pour qu’il respecte l’intégrité territoriale de la Syrie. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, avait auparavant adressé des avertissements directs au président turc Recep Tayyip Erdogan, assurant qu’Israël ne tolérerait aucune mesure visant à renforcer les capacités militaires de la Syrie d’une manière susceptible de constituer une menace pour Israël.

La Syrie a mené début août des exercices aériens dans le nord du pays à l'aide d'avions de chasse MiG-21 de fabrication russe, les premiers exercices de ce type depuis la chute d'Assad.

La chaîne publique israélienne Kan a rapporté le 11 août que la Syrie intensifiait ses efforts pour reconstruire son armée de l'air, notamment en recrutant de nouveaux pilotes, en développant la formation au pilotage et en organisant son premier exercice impliquant des avions de chasse. Kan a cité une source israélienne proche des services de sécurité, selon laquelle Israël suivait de près ces développements et avait fait part de ses inquiétudes à Washington. Le nouveau gouvernement syrien entretient des liens étroits tant avec la Turquie qu’avec les États-Unis, ce qui limite la marge de manœuvre d’Israël dans le pays. Au début du mois, Washington a négocié un accord permettant à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de retirer des matières nucléaires du « site 99 », une installation de stockage secrète syrienne liée à l’ancien programme nucléaire du régime d’Assad. Cette installation était associée au réacteur d’Al-Kibar, qu’Israël avait bombardé en 2007. La question est devenue urgente après qu’Israël a déclaré avoir détecté des « mouvements suspects » à proximité du site et menacé de le frapper.

Malgré ces tensions, Israël et les nouvelles autorités syriennes ont tenu plusieurs séries de pourparlers directs et ont convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

À leur arrivée au pouvoir en décembre 2024, les nouvelles autorités islamistes de Damas avaient pris le contrôle de l'aéroport d'Abou Dhouhour, tenu par les forces du président déchu Bachar el-Assad depuis fin 2018, après que des factions armées rebelles et djihadistes eurent pris le contrôle d'une grande partie de la province d’Idleb trois ans plus tôt.

Les nouvelles autorités ont rallié la coalition internationale menée par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), dont des résidus restent actifs dans le pays. Damas a ainsi annoncé mardi avoir arrêté un haut commandant de l'EI dans le nord du pays.

La Turquie a rejeté mercredi des allégations israéliennes selon lesquelles Ankara se préparait à déployer des troupes en Syrie, au lendemain de frappes qui ont visé une base aérienne dans ce pays.Israël a accusé mardi la Turquie de représenter une « menace » en se préparant à envoyer des troupes sur la base aérienne d'Abou Dhouhour, sans toutefois revendiquer explicitement cette frappe, qui a visé cette infrastructure en cours de réfection dans la province d'Idleb (nord-ouest).Les États-Unis ont toutefois attribué cette frappe à leur allié israélien et l'ont condamnée. Cette attaque marque un acte de défiance rare de la part d'Israël envers Washington, qui a cherché à soutenir le nouveau gouvernement syrien dirigé par un ancien jihadiste allié à la Turquie.« Israël a averti à plusieurs...
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Cette attaque montre un acte de défiance des israéliens envers Washington et à juste titre. Israël observe médusé les tractations financières signées par les envoyés très spéciaux de l’homme d’affaires devenu président des E.U, en guise d’accord de paix, sans s’encombrer des conséquences que cela représente à moyen et long terme sur la région et sur le monde. Ils ne voient que les milliards qui viennent gonfler les comptes de toute la bande, amis et proches du président. Heureusement qu’il existe un pays fort pour calmer leur ardeur et rectifier le tir en amont. On les remercierait plus tard.

Sissi zayyat

10 h 14, le 19 août 2026

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Commentaires (1)

  • Cette attaque montre un acte de défiance des israéliens envers Washington et à juste titre. Israël observe médusé les tractations financières signées par les envoyés très spéciaux de l’homme d’affaires devenu président des E.U, en guise d’accord de paix, sans s’encombrer des conséquences que cela représente à moyen et long terme sur la région et sur le monde. Ils ne voient que les milliards qui viennent gonfler les comptes de toute la bande, amis et proches du président. Heureusement qu’il existe un pays fort pour calmer leur ardeur et rectifier le tir en amont. On les remercierait plus tard.

    Sissi zayyat

    10 h 14, le 19 août 2026

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